La finalisation du contentieux de l'Opération de comptage physique des personnels de l'État (COPPE), lancée en 2018, qui doit aboutir à la sortie définitive du fichier solde des agents publics reconnus absents et suspendus, ne devrait pas intervenir d'ici la fin de l'exercice en cours. Ce chantier figure en effet parmi les priorités des dépenses de fonctionnement pour 2027, selon la circulaire du chef de l'État relative à la préparation du budget. Il s'agirait donc d'un nouveau report, alors que, dans sa circulaire de juillet 2025, Paul Biya avait instruit le bouclage du processus pour 2026.
Aigles
Contactés par la rédaction sur les éventuels blocages à la sortie définitive du fichier solde, les services du ministère de la Fonction publique n'ont pas réagi. La tâche semble toutefois ardue, en raison de la mise en œuvre encore incomplète de l'Application informatique de gestion logistique des effectifs de l'État et de la Solde (Aigles). Projetée depuis 2021 et attendue à la mi-2023, elle n'est entrée en service que le 1er janvier 2025. Six mois plus tard, 12 des 14 modules initialement prévus étaient opérationnels.
Lire aussi : Cameroun : près de 1 200 nouveaux fonctionnaires rayés des effectifs de la Fonction publique
Lors d'un point de presse à Douala, le 10 juin 2025, le ministre de la Fonction publique, Joseph Le, annonçait pour juillet de la même année les deux modules restants, la biométrie et l'archivage électronique. Ils devaient être déployés à titre expérimental dans trois administrations pilotes, soit le ministère de la Fonction publique, celui des Finances et le Contrôle supérieur de l'État. « Mais leur déploiement dans toutes les autres administrations nécessitera d'importants moyens qu'il conviendra de mobiliser », avait prévenu le ministre. Plus d'un an plus tard, peu d'informations filtrent sur les avancées, et l'extension intégrale du dispositif pourrait dépasser les 7,2 milliards de FCFA d'investissements initialement prévus.
Lire aussi : Fonction Publique : 8766 agents publics suspendus appelés à s’expliquer par voie électronique
La circulaire du chef de l'État confirme que le chantier reste inachevé. Elle recommande la poursuite de la mise en service de l'application, avec notamment « le parachèvement des travaux de construction du noyau de base, l'extension de la biométrie en vue d'un meilleur contrôle des effectifs et l'extension de l'archivage numérique pour un suivi adéquat des dossiers de carrière des agents publics ». Par cette instruction, le président de la République souligne en filigrane les faiblesses de l’application. Cette lenteur met en exergue la persistance des agents publics fictifs. En mars 2025, plus de 5 000 d'entre eux avaient déjà été radiés ou licenciés. Lors du même point de presse, le ministre de la Fonction publique Joseph LE avait par ailleurs indiqué que « 95 % des répondants expriment une attente forte quant à la revalorisation salariale, particulièrement après les mesures de radiation prises dans le cadre de l'opération de comptage physique des personnels de l'État ».
Lire aussi : Cameroun : près de 6 000 agents publics établis à l’étranger sommés de justifier leur salaire
En janvier 2026, dans une correspondance à son collègue de l'Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, le ministre de la Fonction publique signalait que, sur 10 950 agents publics du Minesup, 1 033 « seraient payés » au fichier solde bien qu'ils ne résident plus sur le territoire national. En septembre, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, alertait que 5 971 agents publics continuaient d'émarger au fichier solde alors qu'ils étaient considérés comme ne résidant plus au Cameroun. Autant de manquements qui confirment l'ampleur des irrégularités et soulignent l'urgence d'achever le déploiement d'Aigles.
Lire aussi : Cameroun : plus de 3 000 agents publics absents de leurs postes depuis janvier 2025 (gouvernemen











