Au Cameroun, plus de 3 000 agents publics ont été déclarés absents de leurs postes de travail depuis janvier 2025, selon les données issues de l’Application de gestion logique des effectifs de l’État et de la solde (Aigles). Ce chiffre a été révélé le 9 juin 2025 à Douala par Joseph LE, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), lors d’un point de presse.
Le ministre n’a pas précisé les secteurs les plus touchés par cet absentéisme, mais a indiqué que sur les dix régions du pays, l’Ouest, le Centre et le Nord-Ouest arrivent en tête.
Les raisons de cette désertion ne sont pas clairement explicitées par le Minfopra, mais les conclusions de la caravane nationale sur les politiques publiques menée par ce département permettent de dégager certaines pistes. En effet, l’analyse des 1 429 questionnaires collectés et des réponses recueillies lors des échanges participatifs révèle que 75 % des agents interrogés recommandent une rotation des postes tous les trois à quatre ans, pour favoriser une mobilité plus équitable.
Concernant la gestion territoriale, plusieurs agents plaident pour une mutation systématique des personnels du niveau central vers les zones périphériques, et inversement, afin de mieux faire connaître aux fonctionnaires les réalités des centres urbains comme de l’arrière-pays.
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Par ailleurs, la mention fréquente de la région du Nord-Ouest, en proie à une crise sécuritaire persistante, suggère que l’insécurité pourrait être l’un des facteurs explicatifs. D’autres hypothèses évoquent la présence de fonctionnaires fictifs, toujours inscrits au fichier du personnel de l’État, mais n’exerçant aucune fonction réelle, ou encore des décès non signalés.
Plus largement, certains experts estiment que l’émigration non déclarée de nombreux fonctionnaires à l’étranger contribue également à l’absentéisme dans l’administration. Le 27 janvier 2025, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga Egbe, avait publié une liste de 1 226 enseignants de lycées et CES absents de leurs postes.
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Cet absentéisme entraîne non seulement une sous-performance des services publics, mais constitue aussi une source importante de pertes financières pour l’État, déjà soumis à de fortes contraintes budgétaires. À titre d’exemple, si chacun des plus de 3 000 agents absents perçoit un salaire moyen de 150 000 FCFA par mois, l’État aurait ainsi perdu environ 3 milliards de FCFA en six mois, sans aucune contrepartie en termes de productivité.
L’un des objectifs majeurs de l’application Aigles est justement d’apporter une solution concrète au problème de la présence effective des agents publics à leurs postes.



