Le gouvernement équato-guinéen prépare une réforme du régime des licences de pêche. L'annonce a été faite le 11 septembre dernier par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, à l'issue d'une réunion avec le ministère de l'Agriculture et des Forêts. Le projet prévoit notamment de revoir les conditions d'accès aux ressources halieutiques du pays. « Étant donné que la loi réglementant le secteur de la pêche est déjà obsolète (le cadre d'application reposant sur le décret n° 130/2004, ndlr), le Gouvernement devra soumettre le sujet lors de la prochaine réunion interministérielle pour sa mise à jour », a indiqué le vice-président sur son compte X (ancien Twitter). « Les activités industrielles du pays doivent fonctionner avec une réglementation actualisée qui permette de générer des revenus pour le fisc et des bénéfices dans les localités où elles sont réalisées », a-t-il ajouté.
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Selon les détails communiqués par le service de communication gouvernemental, le futur dispositif prévoit deux innovations majeures. La première consiste à indexer le coût des licences sur la valeur des espèces ciblées et sur les volumes exploités : le nouveau modèle économique doit permettre d'établir des taux différenciés selon le volume d'activité industrielle des entreprises. Les recettes ainsi générées serviront à soutenir les populations des zones côtières où ces entreprises sont implantées. Selon la vice-présidence, cette mesure vise à limiter les effets de la forte dépendance du pays au secteur pétrolier, qui contribue à hauteur de 78 % à la formation du PIB.
La seconde innovation oblige les entreprises autorisées à pêcher dans les eaux équato-guinéennes à réserver des infrastructures de conservation à terre, afin de commercialiser localement 25 % de leur production.
Cette réforme intervient alors que le pays a rouvert ses eaux, en mars 2025, aux multinationales spécialisées dans la pêche industrielle, en réponse à une facture d'importation en hausse de plus de moitié en cinq ans. Selon les données compilées par l'Institut national de statistiques (INEGE), la facture de ce poste de dépenses a crû de 55 % sur la période 2020-2024, avec un pic de 15,36 millions de dollars US (9,2 milliards de FCFA) atteint en 2022. En 2024, le pays a importé 24 286 tonnes de poissons, crustacés, mollusques et autres produits aquatiques, pour 8,48 milliards de FCFA, soit 8,5 % de la valeur totale de ses importations alimentaires.
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Pour Malabo, l'objectif est de sécuriser l'approvisionnement d'un marché intérieur dont la production locale ne couvre aujourd'hui que moins de 5 % des besoins. Dotée d'une zone économique exclusive de 314 000 km² et de 644 km de côtes, la Guinée équatoriale dispose pourtant de ressources exploitables estimées par la Banque africaine de développement (BAD) à 74 000 tonnes de poissons et 600 tonnes de crustacés par an. La production nationale n'atteint cependant que 5 000 tonnes, pour une demande intérieure estimée à environ 100 000 tonnes. Pour réduire cet écart, la BAD a approuvé en avril 2025 un financement de 55 millions d'euros destiné au Projet d'appui au développement des chaînes de valeur du secteur de la pêche et de l'aquaculture (PASPA), dont l'objectif est d'accroître de 19 126 tonnes la quantité de poisson disponible sur le marché.
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