La Guinée Equatoriale autorise dorénavant les multinationales spécialisées dans la pêche industrielle à opérer dans ses eaux. C’est du moins ce qui ressort de la réunion d’urgence tenue ce 11 mars, entre le Chef de la coordination administrative et les ministres équato-guinéens du Commerce, de l’Agriculture, des Finances et du Trésor. « J’ai ordonné au ministre des Pêches de prendre des mesures extrêmes dans l’importation de produits comestibles et de réglementer immédiatement le secteur de la pêche en accordant des licences aux entreprises étrangères de pêche pour opérer dans nos eaux », a exprimé Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la République de la Guinée Equatoriale.
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Selon le compte-rendu du service de la vice-présidence, cette mesure vise à limiter les effets de la forte dépendance au secteur pétrolier, qui contribue à hauteur de 78 % à la formation du PIB, et réduire la facture des importations. En effet, selon l’Institut national de la statistique de Guinée Equatoriale (INEGE), le pays a dépensé 14,46 millions de dollars US, environ 8,7 milliards de Fcfa, pour acheter des poissons et fruits de mer sur le marché international en 2023. Sur la base des données compilées par l’institution, la facture de dépenses du pays pour cette catégorie d’achat a cru de 55 % sur la période 2020-2023 avec un pic de 15,36 millions de dollars US (9,2 milliards de Fcfa) atteint en 2022.
Des conditions strictes
Le pays invite de fait, les multinationales à découvrir et exploiter le potentiel halieutiques et aquacole [tant en eaux douces ou marines] dont il dispose grâce à ses 314.000 km2 de Zone Économique Exclusive (ZEE), 644 km de côtes, et ses nombreuses baies, rivières et mangroves. Toutefois, les nouvelles licences seront soumises à des conditions « strictes » exigées par le vice-président équatoguinéen. Ainsi, toute entreprise désireuse d’obtenir l’autorisation de pêcher dans les eaux équato-guinéennes doit garantir qu’au moins 90 % de son personnel est autochtone, vendre 40 % de ses prises sur le marché national et payer un droit de pêche d’environ 10% sur les revenus annuels. « L’exploitation de nos mers sans aucun retour pour les populations est terminée […] nous ne permettrons pas aux entreprises étrangères d’opérer sans créer d’emplois pour les Équato-Guinéens […] nos ressources doivent profiter à la population », a déclaré énergiquement Nguema Obiang Mangue.
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De plus, avec cette mesure, le gouvernement entend renforcer le secteur de la pêche en créant des programmes de soutien et des coopératives pour les pêcheurs nationaux. Ce développement devrait permettre d’assurer l'autosuffisance du marché interne que la production locale satisfait à moins de 5%. Selon la Banque africaine de développement (BAD), la Guinée Equatoriale produit annuellement environ 5 000 tonnes de poissons et crustacés, contre une demande nationale estimée à 100 000 tonnes. Avec des ressources exploitables annuellement estimées à 74 000 tonnes de poissons et 600 tonnes de crustacés, le pays dispose de ressources suffisantes pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
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