Le directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph), Okie Johnson Ndoh, vient de lancer un cri d'alarme depuis le check-point de Sombo, sur la route nationale n° 3 (RN3), qui relie Yaoundé à Douala. Non pas parce qu'il aurait lui-même constaté le problème sur le terrain, mais parce qu'il dispose de rapports et de données révélant que le gaz domestique, transporté depuis la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), n'arrive jamais à destination avec sa quantité initiale. Au grand dam des ménages, qui enregistrent des manques à gagner considérables, les bouteilles de gaz étant siphonnées en chemin, généralement dans les aires de repos.
Est-ce donc uniquement pour cette raison que la Csph a mis en place quatre check-points au Cameroun, afin de contrôler la conformité des enlèvements ; notamment le poids réglementaire des bouteilles de gaz domestique, fixé à 12,5 kg ; ainsi que le suivi des itinéraires et des mouvements de produits entre la SCDP et les points d'approvisionnement détenus par les marketeurs ? Uniquement pour protéger le consommateur final ?
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La Csph a de bien bonnes raisons. Selon son DG, Okie Johnson Ndoh, la mise en place de ces check-points constitue la solution pour prévenir les fraudes et les détournements enregistrés sur les grands axes routiers, qui ont fait perdre à sa structure plus de 5 milliards FCFA entre 2023 et 2025 - une information confiée à nos confrères de la radio nationale, et confirmée par des sources internes à la Csph. Pour le patron de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, ce dispositif pourrait également garantir une cohérence entre les chiffres déclarés par les marketeurs et la réalité du terrain, tant les pertes sont énormes. La CSPH avance d'ailleurs que la demande annuelle en GPL augmente de 15 % chaque année, entraînant une hausse des subventions qu'elle supporte, comprises entre 20 et 30 milliards FCFA par an.
Ce mécanisme, avoue la Csph, permet de bloquer le prix de la bouteille standard de 12,5 kg à 6 500 FCFA pour le consommateur, en absorbant un écart de coût réel estimé entre 3 500 et 4 500 FCFA par bouteille. Et, contrairement aux subventions sur les carburants à la pompe (super et gasoil) que l'État cherche à réduire, le soutien au gaz domestique reste une priorité sociale majeure, financée sur les ressources propres de la Csph.
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En 2024, le montant global des subventions s’élevait à 52,6 milliards FCFA soit une hausse de 12%. En 2025, elles ont baissé à 48,96 milliards FCFA. Selon les rapports de son conseil d'administration, le bénéfice net de la CSPH a chuté de 45 % en 2025 en raison de la lourdeur des charges liées à l'enveloppe de 48,96 milliards injectée pour stabiliser le marché. Les pertes identifiées par la Csph pourraient encore être plus importantes, si elles tenaient compte du siphonage sauvage effectué par certains distributeurs, notamment les revendeurs, détenteurs de petits dépôts de distribution situés généralement dans les quartiers des métropoles camerounaises.
Une pratique frauduleuse et récurrente qui consiste à vider partiellement les bouteilles de gaz de 12,5 kg ou de 6 kg pour remplir d'autres bouteilles, réduisant ainsi le volume livré aux consommateurs tout en multipliant illégalement les bénéfices des revendeurs.















