Au Cameroun, les recettes de services, c'est-à-dire les sommes que les administrations publiques perçoivent en contrepartie de prestations rendues aux usagers, ont atteint 16,2 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de 130 % par rapport aux 7,07 milliards FCFA mobilisés en 2024. Ces recettes issues de 17 départements ministériels, relèvent des recettes non fiscales de l'État, distinctes des impôts et des droits de douane. Dans un récent numéro du magazine du Trésor, le directeur général du Trésor, de la Coopération financière et monétaire (Dgtcfm), Moh Sylvester Tangongho, attribue cette embellie à « la poursuite de la politique de dématérialisation des procédures, traduite par la mise en fonctionnement du portail numérique "Trésor Pay", désormais consacré comme l'unique plateforme de recouvrement des recettes non fiscales de l'État et de ses démembrements ».
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Sur les 17 administrations concernées, huit ont intégré la plateforme électronique en 2025. Il s’agit des ministères : du Commerce, de la Communication, des Arts et de la Culture, du Tourisme, de l'Habitat et du Développement urbain, et de l'Enseignement supérieur, ainsi que la Direction générale des Impôts et l'Agence de régulation des marchés publics. C’est dire que les neuf autres reversaient déjà leurs recettes dans Trésor Pay après en août 2023 et en 2024. Soulignons que Trésor Pay est une plateforme destinée au recouvrement des recettes et au paiement des dépenses de l'État et des autres entités publiques par voie électronique. Grâce au concours de Cameroon Postal Services (Campost) et de partenaires institutionnels, il est désormais possible de régler en ligne des services publics : frais de certificats médicaux, frais de dossiers, droits d'examen, redevances, etc.
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Son institutionnalisation et sa matérialisation sont consacrées par l'article 14 du décret n° 2024/000179/PM du 28 février 2024 portant modalités de gestion de la trésorerie de l'État et des autres entités publiques qui précise les modalités de cette réforme qui s’inscrit dans le cadre du processus de digitalisation des recettes publiques. Le 28 mai 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a haussé le ton. Par arrêté, il a institué Trésor Pay comme l'unique plateforme desdites opérations. Il a accordé aux ministères, aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) et aux entreprises publiques un délai de trois mois pour se conformer.
A peine le quart des administrations
Pourtant, si seuls 17 ministères sur plus d'une trentaine déclarent leurs recettes dans Trésor Pay, c'est le signe d'un retard, d'autant que les CTD et les entités publiques sont nombreuses. Or, au-delà de la réduction des risques d'atteinte à la fortune publique, l'enjeu pour le gouvernement est de rehausser la mobilisation des recettes non fiscales. À fin 2025, le pays en a collecté 344,6 milliards FCFA. Ce montant a certes progressé de 1,7 % (+5,7 milliards FCFA) par rapport à 2024, grâce notamment à la hausse des dividendes (+13,9 milliards) et des cotisations pour la retraite (+4,8 milliards), mais il est resté inférieur à la cible de 361,1 milliards FCFA et très en deçà du potentiel estimé à 600 milliards FCFA par an.
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Pour inverser la tendance, « Trésor Pay est appelée à être déployée dans toutes les administrations conformément à l'arrêté du Premier ministre (28 mai 2025, Ndlr) en vue d'optimiser le recouvrement des recettes et le paiement des dépenses », projette la Direction générale du Trésor.









