Olivier Mouckocko fait partie des huit personnalités entrées dans le nouveau gouvernement gabonais de 32 membres, formé le dimanche 11 octobre 2026 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il hérite du portefeuille de l'Accès universel à l'Eau et à l'Énergie, occupé depuis juin 2025 par Philippe Tonangoye. Géologue de formation, spécialisé en hydrogéologie, il a complété son parcours par un MBA. Il était, depuis décembre 2025, conseiller spécial du président de la République et chef du Département Infrastructures.
Lire aussi : Remaniement ministériel au Gabon : les sortants, les promus et les rescapés d'Oligui Nguema
Le nouveau ministre cumule plus de vingt ans d'expérience dans les secteurs public et privé. Il débute sa carrière au sein du cabinet d'ingénierie Seureuca, avant d'intégrer le ministère en charge de l'eau. Il rejoint ensuite Comilog (groupe Eramet) sur des missions d'exploitation et d'infrastructure, puis retourne dans le public pour créer et piloter, de 2010 à 2016, la Direction générale de l'eau, du temps d'Ali Bongo Ondimba. Il dirige ensuite la Société d'énergie, de téléphone et d'eau du Gabon (SETEG) de 2016 à 2019.
Depuis cette date, il a passé près de sept ans chez Eramet Comilog Manganèse, comme directeur des infrastructures, des équipements et du patrimoine. Sur son compte LinkedIn, il revendique notamment la gestion de projets d'énergie hydroélectrique et le pilotage, dans le cadre de la politique RSE de Comilog, de la construction de 410 logements pour les populations déplacées.
Lire aussi : Gabon : les dividendes de Comilog versés au groupe Eramet chutent de 61 %
Dans une interview accordée au cabinet spécialisé en infrastructures awe-som, il revenait sur sa mission à la Direction générale de l'eau : « Il manquait un pilier stratégique dans le Plan Gabon Émergent : celui de l'eau et de l'assainissement. Je devais proposer une vision claire pour ce secteur. J'ai commencé par un diagnostic, j'ai fait le tour des zones rurales, j'ai sollicité des conseils d'avocats, d'organismes publics, de cabinets comme NODALIS, puis d'autres. J'ai fait un benchmark sur ce qui avait été fait dans la région».
Lire aussi : Gabon : Steeve Saurel Legnogo confirmé à la tête de la SEEG malgré les défis persistants
Cette expérience a sans doute pesé dans le choix d'un proche collaborateur du président Oligui Nguema depuis neuf mois. Son profil tranche avec celui de son prédécesseur, Philippe Tonangoye, 68 ans, ingénieur électromécanicien surtout spécialisé en génie énergétique. Ce dernier a également suivi des formations dans le domaine pétrolier, notamment sur les lubrifiants, à l'Institut de formation continue de Shell France.
De nombreux défis
Au-delà des réalisations qu'il revendique, Olivier Mouckocko est surtout attendu sur le terrain. Il prend les commandes du ministère à un moment où les plaintes des usagers persistent, dans un secteur en pleine mutation.
Premier chantier, la restructuration de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG). Le gouvernement a acté sa disparition, sous sa forme actuelle, au 1er janvier 2027, pour faire place à deux entités autonomes. Reste toutefois un passif colossal, évalué à 150 milliards de FCFA. Avec la dissolution de cette entreprise publique, il faudra décider de la formule à adopter pour apurer cette dette. Dans un récent rapport, la Banque mondiale indique qu'en 2024, la SEEG a enregistré des pertes de 42,9 milliards de FCFA, des revenus négatifs de 90,7 milliards de FCFA et une dette de 79,9 milliards de FCFA.
Lire aussi : Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale
Le second défi est la conduite du plan d'investissement de 1 000 milliards de FCFA, présenté par Libreville en juin 2025 pour redresser la SEEG, notamment à travers la mobilisation de ressources auprès des investisseurs. Il prévoit la réhabilitation des centrales, la modernisation des réseaux de distribution, l'installation de compteurs intelligents et l'amélioration de la desserte en zones urbaines et rurales. Cette annonce était intervenue alors que l'entreprise venait de sortir de neuf mois d'administration provisoire, du 27 août 2024 au 28 mai 2025, instaurée pour stabiliser une société en crise. Celle-ci souffrait de décennies de mauvaise gestion, de délestages répétés, de coupures d'eau fréquentes et d'une dégradation généralisée de ses services.













