Maria van der Hoeven est la nouvelle présidente du conseil d'administration de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Elle a été élue par l'Assemblée des membres, réunie à Bruxelles le mardi 6 octobre 2026, pour un mandat de trois ans (2026-2029). Elle succède à Helen Clark, qui occupait cette fonction depuis 2019. « Je suis honorée d'avoir été élue présidente du conseil d'administration de l'EITI », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Née aux Pays-Bas en 1949, Maria van der Hoeven a siégé à la Chambre des représentants néerlandaise avant d’être nommée ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Science de 2002 à 2007, puis ministre des Affaires économiques de 2007 à 2010. Son passage à la direction exécutive de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), de 2011 à 2015, est toutefois l'expérience la plus susceptible de peser sur son mandat. Elle y a travaillé sur les politiques énergétiques internationales, la sécurité énergétique, les marchés de l'énergie et les mutations du système énergétique mondial. Ce parcours la place à l'intersection des acteurs que l'ITIE cherche à faire dialoguer : gouvernements, entreprises, société civile et organisations internationales.
Défis
La nouvelle présidente prend la tête d'une organisation dont la transparence ne se limite plus aux recettes versées par les entreprises pétrolières et minières. Selon l'ITIE, ses normes couvrent désormais la divulgation des licences et contrats, la production, les exportations, les entreprises d'État et les bénéficiaires effectifs.
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Cette évolution intervient alors que les minerais critiques gagnent en importance dans la transition énergétique mondiale. « L'objectif est de permettre de mieux comprendre la chaîne de valeur des ressources naturelles et la manière dont les revenus qui en découlent sont répartis entre les États et les différents acteurs économiques », précise l'ITIE.
Maria van der Hoeven entre en fonction alors que la communauté de l'ITIE se réunit à Bruxelles pour sa Conférence mondiale 2026, placée sous le thème « Transparence pour une prospérité partagée ». Le sujet est particulièrement important pour l'Afrique centrale, dont les pays membres, majoritairement producteurs de pétrole et d'or, avancent en rang dispersé.
Les trajectoires des pays de la sous-région au sein de l'ITIE sont très différentes. Le Gabon a obtenu 73,5 points lors de sa Validation de 2025, un niveau de progrès jugé « modéré », ce qui en fait le meilleur élève de la zone. Le pays reste dépendant de ses revenus pétroliers, avec un secteur minier dominé par le manganèse. Le Tchad, autre grand producteur de pétrole, avait obtenu 64,5 points lors de sa précédente Validation. La prochaine sera un rendez-vous important pour mesurer ses progrès. La République du Congo, également productrice de pétrole, devra-t-elle aussi passer par une nouvelle étape de Validation.
Le Cameroun et la RCA, deux dossiers sensibles
Le mandat de Maria van der Hoeven sera suivi de près au Cameroun et en République centrafricaine (RCA). Les deux pays sont actuellement suspendus de l'ITIE, leurs progrès dans l'engagement des parties prenantes étant jugés insuffisants. Le Cameroun, qui attend une nouvelle Validation en 2027, est l'un des dossiers majeurs de la gouvernance extractive régionale, compte tenu du poids du pétrole, du gaz et des mines dans son économie, et de l'importance croissante des projets miniers. En RCA, l'exploitation artisanale de l'or et du diamant représente plus de 80 % des recettes d'exportation, et la traçabilité de la production reste difficile.
La Guinée équatoriale constitue un cas différent : elle ne figure pas parmi les pays membres actuels de l’ITIE. Son absence prive la Cemac d’un dispositif commun de transparence couvrant l’ensemble de ses principaux producteurs d’hydrocarbures.












