La moins-value fiscale du Cameroun dans le cadre de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne a poursuivi sa tendance haussière en 2024. Selon les données de la Direction générale des Douanes (DGD), le pays a essuyé des pertes de 19 milliards de Fcfa sur ses recettes, en hausse de 2,3 milliards de Fcfa (+13,6%) par rapport à 16,7 milliards de Fcfa en 2023. Ce qui porte à 88,4 milliards de Fcfa, le montant cumulé depuis l’entrée en vigueur des APE le 4 août 2016. Ainsi, passant de 300 millions de Fcfa à la première phase à la 9e phase de démantèlement tarifaire en cours, ces pertes ont bondi de 18,7 milliards de Fcfa (+6 100%).
Si l’État renonce à des droits qu’il devrait percevoir à la porte d’entrée au profit des grandes entreprises, des Petites et moyennes entreprises, les débats autour des retombées de l’APE sur l’économie du Cameroun restent cependant ouverts. En 2021 par exemple, le gouvernement indiquait que plusieurs cargaisons d’arachides, ananas, café avaient été refoulées sur le sol européen parce que, apprenait-on, elles contenaient des pesticides non autorisés. À l’inverse, les importations en provenance de l’UE explosent. D’après l’Institut national de la statistique (INS), celles-ci ont atteint 1 323,5 milliards de Fcfa en 2023 (+4,5 %) contre 1 524,6 milliards de Fcfa d’exportations (-22,4%) soit un excédent commercial de 201,1 milliards de Fcfa pour le Cameroun cette année-là après 697,6 milliards de Fcfa en 2022.
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À en croire le statisticien national, les importations du Cameroun de l’UE sont dominées par le carburant et lubrifiants, le blé, les médicaments (même vétérinaires), le malt non torréfié, les poissons de mer congelés, les articles de friperie, les machines à laver la vaisselle, les machines et appareils pour la préparation industrielle, etc. Ceci au détriment des tracteurs et autres équipements agropastoraux susceptibles de booster la production et de limiter la dépendance vis-à-vis de l'extérieur.
Ce qui fait dire à certains experts que le Cameroun n’arrive pas (encore) à capitaliser les opportunités que présente l’APE ou du moins, peine à ressentir ses effets sur l’économie nationale. En 2023 par exemple, Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l’Économie, faisait savoir que, « après 7 années de mise en œuvre de l’APE par le démantèlement tarifaire coté camerounais, il importe pour les parties de l’accord d’en assurer une mise en œuvre mutuellement bénéfique et soutenable dans un monde de plus en plus ouvert ».
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