Le 20 février 2026 à Yaoundé, le ministre délégué auprès du ministre des Finances (Mindel-Minfi), Yaouba Abdoulaye, a présidé la session du Comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Cameroun. Cette réunion, qui visait à dresser l'état des lieux des efforts fournis par le Cameroun pour quitter la "liste grise" du Groupe d’action financière (GAFI), a révélé un bilan en demi-teinte trois ans après. En effet, alors que l'année 2025 devait marquer la fin de la période de "surveillance accrue" selon le calendrier que le pays s'était lui-même fixé, les résultats sont jugés insuffisants par le gouvernement. « En 2023 (juin), lors de l’inscription, le Cameroun avait 24 actions recommandées à mettre en œuvre. A ce jour, 11 actions sont remplies et il en reste encore 13, soit un taux de réalisation de 46%, largement en deçà des attentes », a déploré le membre du gouvernement.
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Parmi les raisons pouvant expliquer ces "défaillances ", le ministre délégué auprès du ministre des Finances déplore « l’absence d’une supervision basée sur les risques au niveau des acteurs du secteur financier encore appelés entreprises et professions non financières désignées (EPNFD) ; l’absence des sanctions à l’encontre des assujettis du secteur financier pour les manquements dans la mise en œuvre des obligations LBC/FT ».
Notons que c’est depuis le 23 juin 2023 que le Gafi a placé le Cameroun sous "surveillance renforcée " pour des « déficiences stratégiques dans leurs régimes de lutte » contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la prolifération d'armes de destruction massive. Un mois après, le Directeur de l’Agence d’investigations financières (Anif) Hubert Nde Sambone, rassurait que ces défis qualifiés de « défaillances » par les experts du Gafi, étaient déjà amorcés.
En octobre 2023, le président de la République Paul Biya, a signé un décret portant création, organisation et fonctionnement d’un Comité de coordination des politiques nationales de LBC/FT. Malgré cette réforme, le gouvernement déplore la persistance de nombreuses faiblesses dont « l’inopérationnalité du dispositif national de sanctions financières ciblées en matière de lutte contre le financement du terrorisme et de la prolifération, l’absence d’un régime de supervision et de sanctions des organismes à but non lucratif en matière de lutte contre le financement du terrorisme, l’utilisation insuffisantes du renseignement financier par ls autorités de poursuite, l’élargissement des missions de la Société de recouvrement des créances (SRC) en matière de gestion des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués », a indiqué Yaouba Abdoulaye.
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Le retard accumulé dans la mise en œuvre des réformes compromet désormais les espoirs de sortie de la « liste grise » à court terme. Cette stagnation engendre des conséquences lourdes, « tant sur l’image du Cameroun, de la préservation de l’intégrité de son système financier et la sécurité, de la confiance de nos partenaires au développement, que sur le plan individuel », souligne Yaouba Abdoulaye. Le ministre délégué a d'ailleurs rappelé que « chacun de nous a pu expérimenter à quel point il n’est plus aisé de faire des transactions financières à l’extérieur ».
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