Au Gabon, le gouvernement a présenté le 21 octobre devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale de Transition les grandes lignes du projet de budget 2026 pour la mission « Industrie et Mines ». Fixée à 68,12 milliards FCFA contre 4,56 milliards FCFA en 2025, cette enveloppe — en hausse d’environ 1 400 % — traduit, selon le ministre, « une volonté ferme de faire du secteur minier un levier de développement durable, de création d’emplois et de valorisation des ressources naturelles ».
Cette rallonge budgétaire, précise un communiqué, servira notamment à identifier de nouveaux gisements au-delà du manganèse et du fer, à rehausser la production nationale d’or et de manganèse, et à valoriser quatre permis aurifères jugés stratégiques : Koumba, Eteke, Minkebe et Konossoville. Le ministère prévoit en parallèle la production de sept textes d’application de la loi minière, la réalisation de 244 missions de contrôle sur les opérateurs en phase de recherche, ainsi que la modernisation administrative à travers l’interconnexion des services et l’archivage complet des dossiers du personnel.
La production de manganèse en recul
Ce plan intervient dans un contexte marqué par un léger recul de la production de manganèse, deuxième produit exporté du pays après le pétrole, en baisse de 3,3 % en 2024 à 8,85 millions de tonnes, alors que les prix se stabilisent autour de 168,2 USD la tonne. Le groupe français Eramet, via sa filiale Comilog, demeure le principal producteur national (environ 6,5 et 7,0 millions de tonnes), mais d’autres acteurs privés participent aussi à la filière.
Dans le même temps, le marché mondial de l’or connaît une envolée historique : le métal jaune flirte désormais avec les 4 200 USD l’once, dopé par les incertitudes économiques mondiales et les politiques monétaires accommodantes. Une conjoncture favorable au Gabon, dont la production d’or artisanale et semi-industrielle, selon les dernières données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), reste encore modeste mais en progression constante. En 2023, le pays a exporté environ 232 kg d’or, pour une valeur déclarée avoisinant 14 millions USD, tandis que d’autres estimations commerciales situent la valeur totale des exportations aurifères à près de 70 millions USD, selon la classification douanière retenue.
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Ces perspectives s’inscrivent dans la continuité des réformes engagées depuis 2023 par le gouvernement pour dynamiser la filière minière : révision du code minier, mise en place de nouveaux incitatifs fiscaux, renforcement du cadre de traçabilité et promotion active de la transformation locale des ressources naturelles, notamment par la création d’unités de traitement et de valorisation sur le territoire national. Dans cette logique, Libreville a décidé d’interdire, à partir de 2029, l’exportation de manganèse brut, afin de stimuler la chaîne de valeur locale et d’encourager les investissements industriels dans la métallurgie et la transformation des minerais.
Globalement, le projet de loi de finances 2026 du Gabon, adopté en Conseil des ministres le 8 septembre 2025, établit un budget prévisionnel record de 7 233,3 milliards FCFA en ressources et en dépenses, contre 4 205 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de près de 42 %.

