L’entrée du groupe BGFIBank à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) devra attendre encore quelques mois. Annoncée pour la fin du premier semestre 2025, l’introduction en bourse du premier groupe bancaire de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale) est reportée au mois de septembre. Révélation faite par le Directeur général de la BVMAC Louis Banga Ntolo, à Africa Business+.
Ce report intervient dans un contexte de transition projetée à la tête du groupe bancaire gabonais. Le 5 mai, Henri-Claude Oyima, président-directeur général de BGFIBank, a été nommé ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations du Gabon. Une nomination qui rend incompatible le cumul avec ses fonctions exécutives à la tête d’un établissement soumis à la réglementation de la COBAC. Lors de l’assemblée générale du 9 mai, l’intéressé a annoncé son retrait progressif de la direction de la holding, sans en fixer précisément l’échéance. « Nous voulons assurer une sortie honorable et apaisée, pour assurer la pérennité de notre groupe », a-t-il affirmé.
Le conseil d’administration de BGFIBank est désormais à la recherche de deux profils distincts pour assurer la direction générale et la présidence du futur émetteur coté en bourse, conformément aux exigences réglementaires de la BVMAC qui impose une séparation des pouvoirs. D’autant plus qu’Henri-Claude Oyima occupe toujours la présidence du conseil d’administration de la bourse unifiée de la CEMAC. Si aucune règle ne l’oblige à renoncer à cette fonction, Louis Banga Ntolo a indiqué qu’il devrait également quitter ce poste, sans qu’un calendrier précis n’ait été communiqué. Cette double nomination explique en grande partie le décalage du calendrier initial.
Un tournant pour le marché régional
Malgré ces ajustements institutionnels, l’opération reste techniquement prête. Toutes les autres conditions d’admission ont été validées. L’introduction de BGFIBank — qui sera orchestrée par sa filiale BGFIBourse, en tant qu’arrangeur principal — portera sur 10 % du capital. La valeur statutaire de l’action est estimée à 90 000 FCFA (environ 137 euros), mais le groupe valorise son titre cinq fois plus, à 450 000 FCFA. Toutefois, la réglementation oblige les nouvelles sociétés cotées à présenter un plan de fractionnement. Le prix d’entrée devrait donc se situer sous la barre des 10 000 FCFA, anticipe Louis Banga Ntolo. Avec cette opération, la BVMAC accueillera sa septième société cotée. La capitalisation boursière de la place passerait de 465 milliards FCFA à 1 465 milliards FCFA, un bond qui marquera un changement d’échelle majeur pour un marché encore peu animé.
Une année 2024 record pour le groupe
Ce report intervient alors que BGFIBank a bouclé l’exercice 2024 sur une performance financière historique. Le groupe a dégagé un résultat net consolidé de 122 milliards FCFA, en hausse de 27% par rapport à 2023, un record historique. Le total bilan atteint 5 951 milliards FCFA (+12%), tandis que les dépôts de la clientèle grimpent à 3 883 milliards FCFA (+17%). Les encours de crédits eux, s’élèvent à 3 562 milliards FCFA, tandis que le produit net bancaire (PNB) progresse de 10% pour s’établir à 347 milliards FCFA, porté notamment par une hausse de 28% des commissions de services. La rentabilité du groupe présent dans 11 pays africain étant portée par plusieurs zones géographiques : le Gabon contribue à 37% du résultat net, suivi par la région Afrique centrale (35%), l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et l’océan Indien (28%).

