La Société financière internationale (SFI), organe de la Banque mondiale spécialisée dans le financement du secteur privé, vient d’annoncer qu’elle prépare un financement de l’ordre de 75,25 millions d’euros (soit 49,3 milliards FCFA) en Afrique de l’Ouest. Selon la note d’information mise à jour le 11 décembre dernier, les fonds sont sollicités par le groupe malaisien Guan Chong Berhad (GCB) afin de soutenir l'expansion de son usine de transformation de cacao à San Pedro, en Côte d’Ivoire et de couvrir les besoins en fonds de roulement liés à la traçabilité du cacao pour sa filiale GCB CI.
Dans le détail, l’accompagnement est constitué d’un prêt senior sécurisé de 45 millions d’euros provenant des fonds propres de la SFI et d’une participation au risque non financée de 30,25 millions d’euros. L’apport de la SFI, qui sera soumise à l’approbation finale du Conseil d’administration du 14 février 2026, représente environ 70% du coût total du projet estimé à 106 millions d'euros.
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Si les fonds lui sont accordés, GCB CI devrait financer la deuxième phase d’extension de l’usine de transformation de cacao. Actuellement, l’usine résultat d’un investissement de 46 milliards FCFA, est constituée d’une unité d’une capacité de 60 000 tonnes/an, l’usine GCB CI va se doter d’une seconde unité afin de porter à 120 000 tonnes/an ses capacités de production conformément au plan d’expansion énoncé lors du lancement des activité de l’usine le 21 juillet 2023. L’ambition à moyen terme étant d’atteindre une production annuelle de 240 000 tonnes dans les cinq prochaines années. De solides capacités grâce auxquelles GCB entend concurrencer les multinationales historiquement implantées dans le pays, telles que l’américain Cargill West Africa, l’indo-singapourien Olam, le belgo-suisse Barry Callebaut ou les français Touton et Cémoi.
Aussi, le financement sollicité par Guan Chong Berhad vise à consolider la position de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial en améliorant l’accès des producteurs aux marchés internationaux et renforçant la production de fèves de cacao durable. GCB CI devra s’assurer que sa matière première respecte les exigences du Règlement sur la déforestation de l’Union européenne (RDUE) qui va entrer en vigueur en 2026 et promeut des pratiques responsables sur les plans environnemental et social dans le secteur agricole. En intégrant les activités allant de l'approvisionnement et du broyage des fèves, l’agroindustriel GCB entend également contribuer à la création d’emplois (à date son usine emploie 314 employés, dont 80 % d’Ivoiriens).
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Présent en Côte d’Ivoire depuis 2018, le groupe malaisien, 4ème broyeur mondial de cacao derrière Barry Callebaut, Olam International Ltd et l’américain Cargill, a déjà pris fermement ses marques dans le pays. GCB détient, depuis octobre 2024, 25 % du capital social de la société publique Transcao-CI, usine nationale de transformation de cacao créée en février 2019 par le Conseil du Café-Cacao (CCC). Selon Yves Brahima Kone, DG du CCC, cette participation devrait permettre au pays de transformer davantage de fèves de cacao en produits finis, réduire la dépendance aux exportations de matières premières et générer plus de valeur ajoutée en Côte d’Ivoire. Le pays fournit 40 % de l’offre mondiale de cacao, avec une production atteignant 1,67 million de tonnes en 2023/2024.

