Au Cameroun, le ministère des Travaux publics (Mintp) indique avoir transféré un total de 207,9 milliards FCFA aux 360 communes des dix régions entre 2018 et 2025, soit une moyenne annuelle de 26 milliards FCFA. « Cette dotation a été affectée à la réalisation de travaux de construction, réhabilitation, ouverture et entretien des routes communales, sous la maîtrise d’ouvrage des communes », précisent des sources proches du dossier.
Au cours de la période sus indiquée, les communes du Centre ont bénéficié de la plus grosse enveloppe avec 44,718 milliards FCFA, suivie de l’Ouest (28,537 milliards FCFA), de l’Extrême-Nord (22,839 milliards FCFA), le Littoral (18,885 milliards FCFA). Le Sud et le Sud-Ouest ont chacun reçu une dotation de 18,182 milliards, l’Est (17,2 milliards FCFA), le Nord-Ouest (16,288 milliards FCFA). L’Adamaoua et le Nord ferment la queue avec respectivement 12,026 milliards FCFA et 11,673 milliards FCFA en raison du nombre de communes (21 communes pour chacune des régions) contre 70 communes pour le Centre par exemple ou encore l’Ouest qui en compte 40.
Malgré ces ressources financières que revendique le Mintp, l’état des routes communales n’est pas le plus reluisant. La preuve, au sortir d'une réunion de cabinet le 23 juin 2025, le Mintp Emmanuel Nganou Djoumessi, l’on apprenait que les routes communales, particulièrement étendues mais en mauvais état (81,49 % jugées "mauvaises"), accentuent cette dégradation. Une situation qui affecte significativement l’état global du réseau dans un contexte où 91,6 % des routes sont en terre sur un linéaire global de 121 873 km à fin février 2025.
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Cet état des choses semble en contradiction avec la politique de l’import-substitution dont l’ambition nourrie est pourtant de booster la production agropastorale afin de réduire les importations et atteindre l’autosuffisance alimentaire. Pour la simple raison que la mauvaise qualité des routes peut réduire la cadence des activités agropastorales, augmenter les prix de transport et alimenter l’inflation des produits alimentaires sur le marché. Le ‘’Rapport de l’enquête sur le climat des affaires dans le secteur industriel’’ publié par le ministère de l’Économie en décembre 2023 faisait déjà remarquer que 92 % des chefs d’entreprises interrogés déplorent le mauvais état des routes.
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De leur côté, les maires déplorent l’insuffisance des financements. Pour inverser la tendance, ils ont, à l’occasion des Journées Economiques Internationales des Communes 2025 (JEICOM 2025), plaidé pour une revalorisation des allocations budgétaires à 100 millions FCFA par commune chaque année contre 65 millions FCFA actuellement soit une hausse de 35 millions FCFA (+53,8%).
Emmanuel Trésor Onana (Stagiaire)

