Selon le rapport de synthèse du programme Compact énergétique de la République du Cameroun, publié par le Minee, l’État a injecté 300 milliards FCFA entre 2012 et 2023 au titre de la compensation tarifaire destinée à subventionner le secteur. Ce montant représente une dépense moyenne d’environ 25 milliards FCFA par an sur la période étudiée.
Le document justifie cette intervention par la situation financière difficile du secteur électrique. À titre d’illustration, « en fin décembre 2024, l’ensemble des dettes de la société ENEO est estimé à 800 milliards FCFA, avec des créances d’environ 80 milliards FCFA », indique le rapport. La crise est si profonde qu’elle contraint l’État à intervenir massivement, en dépit de l’aide extérieure. Ces dépenses ont en effet été engagées malgré l’appui de certains partenaires financiers, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), qui ont respectivement injecté 180 milliards et 48 milliards FCFA.
Lire aussi : Réseau interconnecté Sud : la Sonatrel lance un vaste chantier d’entretien des lignes à haute tension
La compensation tarifaire vise à couvrir l’écart entre le coût réel de production de l’électricité et le prix facturé aux consommateurs (tarif social ou gelé), évitant ainsi un transfert direct de la charge sur les ménages. Si le Minee reste discret sur les détails précis de cette subvention, le directeur général d’ENEO, Homman Ludiye, avait clarifié son ampleur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, il révélait que la subvention s’élevait à 25,4 FCFA par kilowattheure : « ENEO commercialise actuellement le kilowattheure d’électricité à un prix moyen de 80,6 FCFA. Le coût moyen de production, de transport, de distribution et de commercialisation s’élève à un peu plus de 106 FCFA », expliquait-il.
Lire aussi : Cameroun : CCA Bank veut piloter le financement du barrage hydroélectrique de Minkouma (300 MW)
Danielle Noah

