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Cameroun : alors que le projet Bini à Warak est dans l’impasse depuis 6 ans, l'Etat annonce 2 nouveaux barrages hydroélectriques dans l’Adamaoua

Le démarrage de ces deux chantiers prévu pour cette année coïncide avec la relance annoncée des travaux de l’aménagement hydroélectrique de Bini à Warak, refilés en 2023 à l’anglais Savannah Energy.

Publiée vendredi 14 mars 2025 à 17:19:07Modifiée vendredi 14 mars 2025 à 17:19:11Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

Bini-a-Warak
Le barrage de Bini à Warak en chantier

Le gouvernement s’apprête à lancer la construction de deux nouveaux barrages hydroélectriques dans la région de l’Adamaoua. Ces ouvrages d’une puissance installée de 300 mégawatts vont enjamber le fleuve Djerem (cours supérieur de la Sanaga). Le projet a été confié à Electricity Development Corporation (EDC) qui a réalisé avec succès la retenue d’eau de 6 milliards de mètres-cubes et l’usine de pied de 30 mégawatts de Lom-Pangar, à l’Est. L’idée de départ était de construire une seule centrale d’une puissance installée de 250 à 300 MW au pied du barrage-réservoir de Mbakaou. Mais, selon nos informations, le cabinet ISL, recruté depuis juillet 2024 par EDC, l’entreprise de patrimoine du secteur de l’électricité, pour réaliser les études techniques, sociales, environnementales et financières du projet aurait proposé l’éclatement de celui-ci en deux : une usine de pied de 50 MW à Mbakaou et un aménagement hydroélectrique majeur de 250 MW en aval de cette retenue d’eau d’une capacité de 2,6 milliards de mètres-cubes construite vers la fin des années 1960.

Lire aussi : Cameroun : le service électrique au bord de l’effondrement

Les bailleurs de fonds potentiels pour ces projets sont la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale, qui ont d’ores-et-déjà manifesté leur intérêt pour mobiliser les ressources financières nécessaires, dont le montant reste tenu secret. Des sources proches du dossier indiquent que tout est mis en œuvre pour que ces deux projets démarrent effectivement au courant de cette année 2025. Cet agenda coïncide avec la reprise annoncée également pour cette année des travaux du barrage hydroélectrique de Bini à Warak (toujours dans l’Adamaoua), d’une puissance projetée de 75 MW, pour un coût initial de 182 milliards de Fcfa. Ce projet associé à une ligne de transport d’électricité haute tension de 225 KV est dans l’impasse depuis 6 ans, faute de financements depuis la défection de Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), qui a fait entrer en jeu la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (Bid). Le gouvernement camerounais a, en tout cas, pris l’engagement de débloquer 20 milliards Fcfa au profit de l’anglais Savannah Energy, à qui le projet a été refilé en 2023 à la suite du retrait de Synohydro, pour la reprise des travaux cette année.

Valorisation du potentiel hydroélectrique

Il est question d’accélérer les choses afin que ces projets soient inscrits parmi les sujets de campagne du chef de l’Etat, Paul Biya, pour l’élection présidentielle d’octobre prochain à laquelle son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), l’appelle à se présenter. A terme, ces infrastructures devraient tripler, voire quadrupler les capacités actuelles des trois régions septentrionales (Adamaoua, Extrême-Nord et Nord) fournies essentiellement par le barrage hydroélectrique de Lagdo (75 MW) et les centrales photovoltaïques de Guider et Maroua, d’une puissance installée d’environ 64 MW. Il faut dire que le gouvernement est engagé dans la mise en œuvre d’un projet de valorisation du potentiel hydroélectrique du Cameroun, estimé à 20 000 MW. Son objectif à moyen terme est de porter de 1 000 MW actuellement à 5 000 MW la part de l’hydroélectricité dans son mix énergétique à l’horizon 2030. Les projets annoncés sur le fleuve Djerem ont aussi vocation à accélérer, en les renforçant, l’interconnexion des réseaux Nord et Sud et le pays voisin qu’est le Tchad, dans le cadre du Projet d’interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad (Pirect), et plus tard la République centrafricaine.

Lire aussi : Déficit énergétique : Comment le Congo compte doper sa puissance installée

Ce projet financé à hauteur de 557,5 milliards de Fcfa par la Banque islamique de développement, la Banque mondiale et la Bad a été identifié comme prioritaire par les Etats du Cameroun et du Tchad et est considéré comme prioritaire tant pour l'Alliance des pays du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) que pour le Système d'échanges d'énergie électrique de l'Afrique centrale. La composante 2 financée par la Banque mondiale, prévoit notamment la construction d’une ligne de transport de 566 km de 225 kV de Wouro Soua à la frontière avec le Tchad. Elle comprend également la construction de deux nouveaux postes de 225/30 kV à Garoua 2 et Kousséri, l’extension des postes de 225/30 kV de Wouro Soua et Maroua, l'électrification de 409 localités situées le long des lignes d'interconnexion, etc.

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