Selon les informations d'EcoMatin, le dossier de la société, contrôlée à 100% par le milliardaire Sylvestre Ngouchinghe, avait bien été a bien été introduit par l’Association des professionnels d’établissements de crédits du Cameroun (Apeccam) auprès de la Cobac, mais a été rejeté par cette dernière. Le régulateur qui a analysé les comptes de l’entreprise pour les exercices 2021, 2022 et 2023 explique pourtant que Congelcam affiche une bonne santé financière avec un chiffre d’affaires et une valeur ajoutée en hausse, mais aussi un excédent brut d’exploitation et un résultat net tous excédentaires. Cependant, « tenant compte du contentieux qui oppose Congelcam avec les sociétés portuaires de Douala et au regard de l'impact négatif de cette situation sur ses activités, il convient de ne pas inscrire cette société sur la liste des entreprises de grand standing et d'importance nationale ou dont le poids dans l'économie est particulièrement élevé, au titre de l'exercice 2025 », justifie le régulateur.
L’affaire remonte en février 2023, période au cours de laquelle un litige épique opposait Congelcam à la Régie du terminal à conteneurs (RTC) du port de Douala-Bonabéri. À l’origine des tensions, la RTC accuse le géant de la poissonnerie en Afrique centrale de « saturer » son parc frigorifique en raison d’un nombre de conteneurs trop important réceptionnés à Douala et stationnés sur le terminal. Après plusieurs mois de stationnement, la RTC a sommé Congelcam d’enlever ses conteneurs. Mais l’entreprise a refusé de mener cette opération, invoquant un « dysfonctionnement » dans le processus de conservation de ses stocks importés, provoquant une « dégradation avancée » de ceux-ci. Après inspection, 432 conteneurs sur les 626 ont été déclarés de mauvaise qualité, précise Congelcam, qui évalue ses pertes à environ 13 milliards de FCFA. Une importante perte financière qui lui vaut donc son retrait de liste des entreprises de grand standing.
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En dehors de Congelcam, G-Stone, le groupe Beetle (Broli) et la Société Nationale de Raffinage (SONARA) ont également été écartés notamment pour dégradation de leurs indicateurs financiers au cours des derniers exercices. Cela signifie que ces derniers ne bénéficieront pas d’un privilège bancaire octroyé par la COBAC chaque année au secteur productif.
Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis 2010, le dispositif réglementaire (actualisé en 2020) autorise « à titre exceptionnel » les établissements bancaires de la Cemac à réduire leur niveau de provisions sur les prêts accordés à certaines entreprises. Concrètement, la Cobac a défini des taux de pondération pour provisions à constituer par les banques lorsque le prêt qu’elles accordent à leur clientèle n’est que partiellement couvert par une garantie. Ce taux oscille entre 0% ;25% ; 50% ; 75% et 100% selon le profil de risque du créancier.
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Concernant les entreprises qui bénéficient du statut de « grand standing et d’importance nationale », l’exigence de provisionnement pour les banques est réduite de 25 % depuis 2020 (ce taux était de 50% dans le texte de 2010) car le régulateur estime qu’elles ont déjà de solides garanties. Ainsi, elles disposeront de plus de marge de manœuvre pour pouvoir se financer auprès du système bancaire. Un coup de pouce pour financer leur développement et leur trésorerie.

