Le Cameroun a déboursé 165,9 milliards de Fcfa pour importer 433 000 tonnes de riz au premier semestre 2024, selon un rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières publié par le ministère des Finances. Ce montant représente une hausse de 23,8% par rapport aux 126,3 milliards de Fcfa dépensés pour 407 400 tonnes de riz importé sur la même période en 2023.
Bien que le rapport ne précise pas les raisons exactes de cette augmentation, plusieurs facteurs pourraient entrent en jeu. L'un d'eux est la préférence marquée des consommateurs camerounais pour le riz importé, notamment en provenance de la Thaïlande, de l'Inde et du Pakistan. Selon une enquête du ministère du Commerce (Mincommerce) publié en juin 2024, sur 100 ménagères interrogées, 60 privilégient le riz thaïlandais et 40 optent pour le riz indien.
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Cette tendance aurait encouragé les commerçants à spéculer sur une supposée rareté du produit, entraînant une flambée des prix : le kilogramme de riz est passé de 450 Fcfa en janvier à 650 voire 800 Fcfa en juin. Face à cette situation, le gouvernement a dû importer en urgence 14 500 tonnes de riz chinois entre mai et juin de la même année, avec d'autres arrivages de riz thaïlandais et indien annoncés pour les mois suivants.
Des importations en constante augmentation
Depuis cinq ans, les importations de riz suivent une tendance haussière au Cameroun. D’après les données du ministère des Finances, elles se chiffraient à 159,8 milliards de Fcfa en 2020, puis 207,9 milliards en 2021, 200,8 milliards en 2022 et 264,4 milliards en 2023. Cette dépendance croissante s’explique par l’incapacité de la production nationale à couvrir la demande, estimée à environ 600 000 tonnes par an, tandis que la production locale ne dépasse pas les 220 000 tonnes annuelles en moyenne.
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Toutefois, une légère amélioration est observée : au 30 juin 2024, la production de riz paddy a progressé de 3%, atteignant 347 301 tonnes. Cette hausse est attribuée à l’augmentation des surfaces cultivées et à un meilleur accès aux engrais et aux fongicides, selon le rapport du ministère des Finances. Mais ces avancées restent insuffisantes pour combler le déficit et réduire la dépendance aux importations, qui pèsent lourdement sur la balance commerciale du pays.

