La masse salariale du Cameroun s’est établie à 1 522,8 milliards FCFA en 2024, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028, actuellement examiné par le Parlement. Ce montant dépasse de 32,3 milliards FCFA l’objectif initial fixé à 1 490,5 milliards FCFA et enregistre une hausse de 12,2 % par rapport à 2023, où les dépenses salariales avaient atteint 1 357 milliards FCFA.
Avec cette augmentation, les salaires des fonctionnaires ont absorbé au total 38,6 % des recettes fiscales annuelles, bien au-dessus du plafond de 35 % recommandé dans la zone CEMAC. D’après le document consulté par EcoMatin, cette progression est liée à trois facteurs : le règlement partiel de la dette salariale due aux enseignants, la revalorisation de 5 % des salaires appliquée en février 2024, et la prise en charge budgétaire d’un nombre important de nouvelles recrues dans les forces de défense.
Au 1er janvier 2024, la dette salariale de l’État était estimée à 293,9 milliards FCFA. Sur cette somme, 174,5 milliards ont été payés au cours de l’année, sous forme de rappels versés aux agents actifs. À la fin de l’année, les effectifs de la fonction publique s’élevaient à 390 170 agents (+1,08 %), tandis que ceux des pensionnés atteignaient 154 610 (+1,55 %). Parmi les ministères les plus gourmands en dépenses salariales figurent les Enseignements secondaires, qui concentrent 26,34 % des effectifs pour 33,93 % de la masse salariale, suivis de la Défense (18,61 %), de l’Éducation de base (14,91 %), et de la Sûreté nationale (6,52 %).
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Pour le gouvernement de Yaoundé, la maîtrise des effectifs reste le principal enjeu de la soutenabilité budgétaire. «Dans un contexte de contrainte budgétaire, il s’avère important de renforcer les mesures telles qu’une limitation significative des recrutements et la poursuite des actions d’assainissement du fichier solde», indique le Document de programmation.
Malgré ces inquiétudes affichées, le pays table sur une augmentation de 40,7 milliards (+2,6%) des dépenses de personnel passant de 1 566,6 milliards en 2025 à 1 607,3 milliards en 2026. De plus, entre 2027 et 2028, ces dépenses s’établiraient à 1 724,2 milliards en moyenne, soit une augmentation de 7,3% par rapport à 2026. Rappelons que le ratio de soutenabilité de la masse salariale est un indicateur qui mesure la capacité d’un État à supporter sa masse salariale à partir des recettes fiscales mobilisées. En d’autres termes, il s’obtient sur la base des salaires payés et des recettes fiscales collectées au cours d’une période.
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