Le 16 septembre dernier, Jackson Ntapi Nkwentang, délégué pour l’agriculture et le développement rural de la région du Sud-Ouest, a annoncé qu’une épidémie de gousse noire, se déploie actuellement dans les plantations de cacao de la région mettant en danger la production attendue cette saison. « Les averses ont été très intenses depuis juillet, créant des conditions idéales pour l’infection fongique, en particulier dans les principaux centres de production de cacao de Muyuka, Mbonge et Kumba » a-t-il déclaré à l’agence Reuters.
Les spécialistes de « 100% Chocolat », une entreprise suisse de technologie agricole, renseignent que ladite maladie, encore appelée pourriture noire des cabosses, est une infection fongique causée par le champignon Phytophthora palmivora. Elle se manifeste par des taches brunes qui assombrissent progressivement pour devenir noires et s’agrandissent jusqu’à couvrir l’entièreté de la cabosse, rendant les graines de cacao inutilisables. La maladie se contamine rapidement (éclaboussures de pluie, vent et contact direct entre les fruits) d’un cacaoyer à un autre et met en péril la production d’une saison entière.
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Contacté par EcoMatin, l’Office national du cacao et du café (ONCC), organisme qui assure le contrôle de la qualité du cacao et du café au Cameroun, a déclaré ne pas être au courant de la présence et de la propagation effective de cette maladie. Il a souligné que les données communiquées par le délégué régional ne permettent pas d'identifier clairement les zones potentiellement touchées ou les producteurs concernées. Toutefois, l'entreprise publique a indiqué relancer les discussions afin d'en savoir davantage sur la situation et la contenir.
EcoMatin a également contacté le ministère camerounais de l'Agriculture qui a déclaré ne pas avoir plus de détails.
Pour le délégué régional, plusieurs facteurs, hors mis le climat, auraient contribué à cette pandémie. « Les mauvaises pratiques agricoles, notamment une taille tardive, un mauvais défrichage des champs et une pulvérisation irrégulière de fongicides approuvés, ont aggravé l’épidémie » rajoute t’il. Une autre conséquence attendue de cette situation est la chute de la valeur de la rémunération des producteurs de la région du Sud-ouest.
Baisse de la rémunération
Si la présence de cette épidémie est confirmée, elle contribuerait à affaiblir davantage les ventes de cette région, deuxième bassin de production du pays. En effet, selon les données de l'ONCC, le bassin du Sud-Ouest est engagé dans un repli continu de ses ventes depuis près d’une décennie avec un important déclin (-40%) enregistré lors de la campagne 22/23. Les campagnes qui ont suivi ont été marquées par une légère reprise d’1,1% puis un nouveau fléchissement de 3%. Selon l’ONCC, cette situation était la conséquence de la crise sécuritaire et de l’exode massif.
Depuis plusieurs années, le rendement des agriculteurs du sud-ouest fait partie des moins importants enregistrés sur l’ensemble des bassins de production. Pour ce qui est de la campagne 2024/2025, la rémunération des agriculteurs du Sud-ouest a été de 3 350 FCFA le kilogramme de fèves, loin derrière la moyenne nationale qui était de 4 182 FCFA/Kg.
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Pour amortir les baisses envisagées, le haut fonctionnaire recommande aux agriculteurs de maximiser sur la vaporisation de fongicides de bonnes qualités, soulignant l’attrait que les producteurs locaux ont pour les produits agrochimiques de contrebande jugés bon marché. « C’est un problème grave. Une visite de terrain était prévue pour lutter contre les intrants contrefaits sur le marché dans la région mais elle a été ralentie par un confinement d’un mois imposé par des combattants séparatistes […] Nous conseillons [aux producteurs] d’intensifier la pulvérisation », à t il exprimé.

