Au Cameroun, la production de diamant a connu une forte accélération en 2025. Elle a atteint 15 382,37 carats, contre 6 219,8 carats en 2024, soit une hausse de 9 162,57 carats (+147,31 %), selon les chiffres publiés le 23 janvier 2026 à Yaoundé par le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley (SNPPK). Cette performance prolonge une dynamique de reprise amorcée en 2024, après un niveau de 3 306 carats en 2023, ce qui porte la progression sur deux ans à près de +12 076 carats (+365 %). Ces données ont été présentées lors de l’adoption du budget 2026 du secrétariat, fixé à 1,68 milliard FCFA.
Cette dynamique s’explique principalement par une meilleure structuration des circuits de collecte artisanale et par le renforcement des mécanismes de traçabilité et de certification dans le cadre du Processus de Kimberley. Le secteur diamantaire camerounais demeure exclusivement artisanal, concentré dans la région de l’Est, notamment à proximité de la frontière centrafricaine. Selon les données du ministère des mines, l’exploitation artisanale est pratiquée sur 38 chantiers actifs, mobilisant environ 460 diamineurs et générant des revenus directs pour près de 2 000 personnes dans une vingtaine de villages.
En dépit de cette forte hausse des volumes, les recettes d’exportation sont restées quasi stables. Le SNPPK indique que le Cameroun a engrangé environ 110 millions FCFA de revenus en 2025, contre 120 millions FCFA en 2024 et 98,2 millions FCFA en 2023. Ce décalage persistant entre volumes produits et recettes officielles reflète la faible valorisation du diamant camerounais sur les marchés formels et l’ampleur des sorties hors circuit réglementé. Les autorités reconnaissent que d’importantes cargaisons continuent d’être écoulées via des réseaux informels, notamment vers les Émirats arabes unis, ce qui limite l’impact budgétaire pour l’État.
Historiquement marqué par de fortes fluctuations, le secteur sort d’une année 2023 particulièrement difficile, durant laquelle la production avait chuté de 55 % par rapport à 2022, selon le rapport ITIE. Le Code minier de 2023 a depuis renforcé le rôle de la Société nationale de mines (SONAMINES), organisme public chargée d’assurer les intérêts de l’Etat dans le secteur minier, désormais mandataire exclusif pour la commercialisation de l’or et du diamant, et introduit un mécanisme de partage de production prévoyant une part étatique de 1 % à 5 % pour les substances précieuses. À moyen terme, les autorités misent sur ces réformes pour réduire la contrebande, améliorer la valeur captée localement et stabiliser la filière, dans un pays dont le potentiel diamantifère demeure largement sous-exploré.
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