Au Cameroun, la Société nationale des mines (Sonamines) a clôturé l’année 2023 sur une perte nette de 1,82 milliard FCFA, selon le rapport ITIE 2023. Créée en décembre 2020 et dotée d’un capital de 10 milliards FCFA, la société publique affiche ainsi un second exercice consécutif déficitaire, après une perte d’un milliard FCFA en 2022. « L’absence de chiffre d’affaires et la hausse des charges d’exploitation expliquent principalement cette contre-performance », souligne l’initiative.
Le rapport relève qu’aucun revenu d’exploitation n’a été enregistré en 2023, en raison du vide réglementaire entourant l’Impôt Synthétique Minier Libératoire (ISML). Bien que les collectes aurifères poursuivent leur progression — 238,19 kg d’or collectés via l’ISML et 35,73 kg via le droit de sortie — ces montants ne figurent pas dans les états financiers. Résultat : les résultats distribuables chutent à –3,91 milliards FCFA, tandis que les capitaux propres reculent de 7,91 à 6,09 milliards FCFA entre 2022 et 2023. La trésorerie atteint 3,62 milliards FCFA, quasi exclusivement grâce à un apport en capital de 3,5 milliards FCFA, mais demeure insuffisante pour couvrir les besoins courants, précise l’ITIE.
Dépendance totale au financement public
Faute de revenus propres, la Sonamines reste incapable de transférer des ressources à l’État et d’autofinancer ses investissements. L’entreprise ne recourt pas à l’emprunt, renforçant sa dépendance au budget public. Le rapport insiste sur la nécessité d’accélérer la libération du capital et d’adopter les textes d’application permettant l’intégration effective de l’ISML dans les comptes.
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L’ITIE pointe également plusieurs limites structurelles : absence de publication des plans de passation des marchés, manque d’informations sur les sous-traitants, et non-publication des états financiers en raison d’un défaut d’autorisation des organes dirigeants.
Ces fragilités contrastent avec l’extension des missions confiées à la Sonamines dans le Code minier de 2023, notamment la gestion des participations minières de l’État, la commercialisation de l’or et du diamant, la gestion partielle des fonds dédiés et la participation aux mécanismes de partage de production. Autant de prérogatives exigeant une structuration financière et comptable plus robuste.
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