Entre janvier et mars 2025, la production de sucre au Cameroun s’est replié de 16% en glissement annuel, selon la note de conjoncture économique publiée par le ministère des Finances (MinFi). Cette baisse est consécutive à la destruction de plusieurs hectares de plantations de Société sucrière du Cameroun (Sosucam) durant les manifestations de février. « La baisse de la production de sucre s’explique notamment par la destruction d’environ 150 hectares des plantations de canne à sucre de la Sosucam, suite à l’incendie survenu en février 2025 », précise le rapport.
Dans des communications y relatives, l’agro-industriel a annoncé des pertes matérielles d’une valeur totale de 5 milliards FCFA, soit l’équivalent numéraire des 50 000 tonnes de canne à sucre brûlées. En conséquence, les prévisions ministérielles tablent sur une production annuelle en recul de 3,4% au terme de l’année 2025 en cours. Une projection qui s’aligne à celle de l’entreprise qui annonçait déjà une année « peu reluisante », lors d’une conférence de presse accordée par le directeur général adjoint, Jean-François Ntsama Etoundi, le 19 février 2025 (au lendemain de la fin de la grève des agriculteurs).
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Ce dernier soutenait qu’en 2024, la Sosucam, détenue à 74 % par le groupe Somdia capitaux français et à 26 % par l’État du Cameroun, avait manqué son objectif de production de 100 000 tonnes de sucre, avec un taux de réalisation effectif de 85 000 tonnes. Ce qui a conduit le pays a importé 311 835 tonnes de sucre pour 125 milliards FCFA alors que celui-ci ambitionnait une facture nulle pour les achats extérieurs de sucre en 2024.
A noter que, principal producteur national du sucre, Sosucam fait face à des difficultés structurelles persistantes depuis 2021. Les derniers rapports financiers revèlent des résultats nets déficitaires avec des pertes de l’ordre de 22 milliards FCFA pour l’année 2024 écoulée et 15 milliards FCFA pour l'exercice 2023. Ces contreperformances à la chaîne sont mises en lien à une hausse des coûts des intrants, une forte pression fiscale, des ventes largement inférieures aux prévisions, et une production en deçà des projections.
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