Une Assemblée générale extraordinaire de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) est annoncée le 08 juillet prochain, à Yaoundé. Cette rencontre revêt de grands enjeux et dessine les perspectives de relance pour le géant de l’agro-industrie secoué par des vents contraires, à en juger par l’ordre du jour décliné dans l’avis de convocation aux actionnaires publié via la presse ce 23 juin et signé du PDG du groupe Somdia, la maison-mère de Sosucam, Olivier Parent. Le point central inscrit à l’ordre du jour de cette session porte sur l’augmentation du capital social en numéraires de l’entreprise. L’on ignore pour l’heure si celle-ci va se faire par l’émission de nouvelles actions ou plutôt par un nouvel apport de capitaux de l’actionnaire majoritaire, le groupe français Somdia, qui avait déjà recapitalisé l’entreprise à hauteur de 34 milliards Fcfa en 2022. La suppression annoncée du droit préférentiel de souscription des actionnaires à l’occasion de cette Assemblée générale extraordinaire ouvre, en tout cas, la voie à l’arrivée de nouveaux investisseurs, voire à l’augmentation des parts du personnel.
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Après avoir enregistré des pertes cumulées de 15 milliards Fcfa à mi-parcours de la campagne sucrière 2024-2025 qui s’est achevée fin mai dernier, pertes portées à 22 milliards Fcfa par le débrayage des coupeurs de cannes de fin janvier et février derniers, la Sosucam semble enfin, à travers l’augmentation annoncée de son capital social en numéraire, se préparer à entrer dans une nouvelle phase d’investissement et de développement. En 2020, le top management de l’entreprise avait annoncé un plan d’investissement de 93 milliards Fcfa destiné à accroître sa performance et porter sa production à 130.000 tonnes au moins à l’horizon 2027. Sa mise en œuvre a été fortement perturbée par la crise sans fin dans laquelle est engluée l’entreprise depuis et qui a conduit à des centaines de licenciements depuis 2021.
Selon une note d’information du directeur des ressources humaines de Sosucam que nous avons consultée, Marc Leynaert, aux côtés de son adjoint Jean-François Ntsama Etoundi, aura pour défi immédiat de poursuivre le bon déroulement de la campagne sucrière en cours, « avec pour objectif l’amélioration continue des performances de l’entreprise, malgré un environnement économique complexe ». La tâche s’annonce ardue dans le contexte mentionné supra où l’entreprise est confrontée à des contraintes cumulées d’exploitation considérables. Outre les conditions climatiques défavorables sur la production de la matière première qu’est la canne, elle est impactée par la contrebande et les importations massives de sucre et la hausse des coûts des intrants. Depuis le 16 avril, un nouveau directeur général a été nommé à la tête de Sosucam, en la personne de Marc Leynaert, en remplacement de son compatriote Jean-Louis Liscio qui n’aura passé que trois mois au poste. Le Français forme, avec son adjoint Jean-François Ntsama Etoundi, le tandem de la relance de cette agro-industrie parmi les plus importantes du Cameroun.
Entre autres indicateurs de la sévère crise qu’elle traverse, la Sosucam a déclaré une baisse des ventes de sucre aux ménages de l’ordre de 25% entre le 1er janvier et le 31 octobre 2024, liées notamment à la concurrence déloyale du sucre importé parfois frauduleusement de l’étranger. La conséquence de ces méventes pour l’Etat, d’après les informations du directeur général sortant, c’est – 3,1 milliards Fcfa de recettes de TVA perdues en 10 mois. Pour la campagne 2024-2025 et malgré la mise en œuvre d’un plan d’investissement de 40 milliards Fcfa, l’entreprise dit avoir été obligée de procéder à des mesures d’urgence depuis le 1er novembre, notamment une limitation des recrutements des personnels en CDI et CDD au strict nécessaire. En l’état actuel des choses, le capital social de la Sosucam est détenu à plus de 72% par le groupe Somdia. Le reste des actions est détenu par l’Etat du Cameroun et d’autres investisseurs privés nationaux.








