visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Je me connecte
Magazine
    Bientôt disponible...
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
ConjonctureEecomembre

Cameroun : la ville de Kousseri carbure au frelaté nigérian

Coincée entre routes dégradées et crues récurrentes du Logone, Kousseri, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, vit au rythme du carburant frelaté venu du Nigeria voisin.

Publiée mardi 14 octobre 2025 à 21:04:30Modifiée mardi 14 octobre 2025 à 21:04:32Temps de lecture 4 minPar Albert AMOUGOU

A Kousseri, le carburant frelate gagne du terrain
A Kousseri, le carburant frelaté gagne du terrain

Kousseri, 14 octobre 2025. Il est à peine 7h00 qu’un soleil ardant illumine déjà le ciel. La ville, située dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun s’éveille sous un voile de poussière sèche et une odeur tenace d’essence qui flotte dans l’air chaud du Logone. Sur l’une des routes principales qui mènent au marché central, le vent soulève des nuages de sable qui rendent la circulation difficile. À l’entrée de la ville, la station TotalEnergies, unique infrastructure moderne de distribution de carburant, est fermée. Les pompes restent immobiles, les portes cadenassées. Aucun pompiste en vue. Seuls quatre véhicules stationnent dans la cour : trois Land Cruiser immatriculés au Tchad et une vieille Toyota Carina E, silencieux témoins d’une activité interrompue.

Derrière la grille, des bidons vides s’alignent, formant un triste signal de l’arrêt des livraisons. Selon un riverain, l’essence n’est pas arrivée depuis près de deux mois. Seul le gasoil est disponible, mais en quantité dérisoire. Les rares ravitaillements ne suffisent jamais à combler la demande, et s’écoulent en quelques heures.

Lire aussi : Produits pétroliers : Plus de 12 000 litres de carburant de contrebande saisis dans la région de l’Est

La suite après cette publicité
diamondcapitalconvention-2026-08-18-in article

À quelques dizaines de mètres, une autre économie prend le relais. Face au supermarché Garoma, Ousmanou, la trentaine, installe son étal improvisé : un comptoir en bois de sept niveaux, où s’alignent des bouteilles plastiques remplies d’un liquide ambré. Au sol, des bidons de 10 et 20 litres s’empilent. C’est du carburant frelaté. Il ajuste un entonnoir métallique et guette les premiers clients. « Il faut vite vendre avant que le soleil ne soit trop haut. Les motos passent tôt. C’est avec ça que je nourris mes enfants », explique-t-il en arrangeant les bouteilles d’un geste mécanique.

Les motos arrivent, une à une. Les conducteurs s’arrêtent, versent un ou deux litres dans leur réservoir, paient 750 FCFA le litre — environ 15 % de moins que le prix officiel de 810 FCFA — et repartent aussitôt, moteurs grondants. À trois mètres de là, Hasan, quadragénaire, décharge quinze bidons de carburant depuis son tricycle. Le trottoir se transforme en un marché parallèle où chaque mètre carré devient un point de vente. Les consommateurs défilent sans interruption, créant un va-et-vient incessant, rythmé par le cliquetis des bidons et le vrombissement des motos. Dans cette chaleur brulante, la survie économique dicte le rythme et impose ses propres règles.

Le carburant provient du Nigeria, affirment les vendeurs. Les livraisons arrivent chaque semaine par camions entiers, souvent la nuit. Dans le nord de la ville, un vaste enclos d’environ 1 000 mètres carrés sert, selon plusieurs témoignages, de dépôt central. D’autres parlent d’un passage régulier par les postes de douane. L’activité est connue de tous, visible en pleine journée, sous le regard des autorités administratives et douanières locales. Certains habitants affirment même que des agents en uniforme sont parfois aperçus lors des opérations d’approvisionnement.

Lire aussi : Cameroun : la suppression totale des subventions aux carburants prévue dès 2026

À Kousseri, le phénomène est devenu ordinaire. Les motos-taxis, principal moyen de transport urbain, ne fonctionnent plus qu’avec ce carburant. Les habitants évoquent toutefois ses effets : moteurs encrassés, consommation excessive, panne fréquente. « Le carburant nigérian ne tient pas longtemps, il s’évapore vite », confie un conducteur, bidon en main, avant de redémarrer.

Dans les quartiers périphériques, des enfants remplissent des bouteilles, des femmes proposent de petits volumes en bordure de route. Le coût du transport a augmenté, atteignant 250 FCFA pour de courtes distances. La pénurie officielle et la circulation du frelaté redessinent les habitudes et les marges de survie dans cette ville frontalière où le commerce de l’énergie suit ses propres règles. Le long du fleuve Logone, à la frontière du Tchad, Kousseri carbure désormais au carburant frelaté venu du Nigeria.

Lire aussi : Contrebande : comment le Nigéria inonde le marché Camerounais des produits contrefaits

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Conjoncture
  • Cameroun : la ville de Kousseri carbure au frelaté nigérian
CamerounKousseriCarburant de contrebandeArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CONGO-POLITICS-ELECTIONConjonctureCongo : baisse de 29,3% des entreprises du secteur primaire à fin mars, plombées par le transport et la logistiqueSelon le ministère congolais des Finances, le nombre d'entreprises enregistrées dans le secteur primaire a chuté de 29,3% au premier trimestre 2026, passant de 41 à 29 unités.il y a 1 joursignature de convention entre le ministre tchadien des Finances et l représentant de la BAD pour le Tchad (c) MINFIConjonctureLe Tchad obtient 8 milliards Fcfa de la BAD pour améliorer le climat des affairesMalgré des efforts fournis par le gouvernement, l’environnement des affaires est jugé peu favorable aux entreprises.il y a 2 joursEpremiumArmes activités interditesConjonctureTchad : après une saisie d'armes à N'Djamena, le gouvernement ferme des secteurs sensibles au privéLe gouvernement hausse le ton pour réguler un secteur où la circulation d'armes et autres marchandises interdites prend de l’ampleur. il y a 3 joursChine-TchadConjonctureLe Tchad obtient 25 milliards FCFA de la Chine pour booster ses infrastructures, le numérique et la formationUn appui bienvenu pour un pays confronté à d'importants besoins de financement et à un lourd déficit de développement humain.il y a 3 joursSiteConjonctureCentrafrique : Bangui suspend l'exploitation aurifère à Zamboye après l'éboulement meurtrierAprès le drame le plus lourd sur un site d'exploitation artisanale en Centrafrique depuis le début de l'année 2026, les autorités camerounaises et centrafricaines prennent des mesures pour endiguer la crise.il y a 3 joursCafé RCAConjonctureCentrafrique : le gouvernement ouvre 601 000 ha pour relancer la filière café en déclinPrincipal produit d’exportation agricole, le café centrafricain a vu sa production divisée par 10 en l’espace de 25 ans.il y a 4 jours

Articles similaires

AskyBusiness et EntreprisesTransport aérien : Asky Airlines brise le monopole d'Afrijet sur la liaison Yaoundé-BanguiL’entrée en lice de La compagnie togolaise Asky Airlines sur cette ligne devrait stimuler la concurrence tarifaire sur cette liaison sous-régionale.il y a 1 jourEpremium773403042_122133726933237860_6451765573014602892_nMines et énergiesCameroun : pourquoi l'amont pétrolier peine à attirer les grandes compagnies, malgré un sous-sol sous-exploité Trois mois seulement après les résultats d'une nouvelle tentative d'attribution portant sur neuf blocs, et après l'échec de la campagne de promotion de 2019, Yaoundé est « enfin » parvenue à signer un nouveau contrat de partage de production avec une compagnie pétrolière étrangère. Mais le profil de celle-ci soulève déjà des interrogations, moins d'une semaine après la signature de cet accord qualifié d'« historique ». Décryptage. il y a 5 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1RDC : Afriland First Bank Congo se rapproche du dépôt de bilan, trois ans après l'éviction de Paul Kammogne Fokamil y a 6 jours2Camtel, PAD, Socadel...: au Cameroun, sept entreprises publiques réalisent désormais un chiffre d'affaires de 100 milliards FCFAil y a 6 jours3Cameroun : la filiale de Castel porte son capital à 75,5 milliards FCFA pour absorber Guinness Camerounil y a 4 jours4CEMAC : après le Cameroun, la Banque nationale de Guinée Equatoriale envisage son expansion en Centrafriqueil y a 4 jours5Cameroun : l'égyptien Arab Contractors piétine sur trois projets routiers de 134 millions de dollarsil y a 2 jours6Transport aérien : Asky Airlines brise le monopole d'Afrijet sur la liaison Yaoundé-Banguiil y a 1 jour7Hydrocarbures : Brazzaville valide 23 milliards USD d'investissements chinois pour doper la production pétrolièreil y a 2 jours8Restructuration, flotte, rentabilité, location… : Camair-Co s'expliqueil y a 6 jours9Cameroun : pourquoi l'amont pétrolier peine à attirer les grandes compagnies, malgré un sous-sol sous-exploitéil y a 5 jours10ACTIVA accélère la digitalisation de son réseau de distribution avec A-Sure Coveril y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.