Au Cameroun, les signes de la mauvaise qualité des services de télécommunications sont multiples. Appels interrompus, internet instable, qualité sonore médiocre… Ces dysfonctionnements, dénoncés aussi bien à Douala et Yaoundé que dans les régions enclavées, traduisent une fragilité persistante des infrastructures de communication dans ce pays de la CEMAC. Ainsi, le régulateur (Agence de Régulations des Télécommunications, ART) a adopté une posture offensive.
Après les régions du Centre, du Sud et du Littoral entre avril et juin dernier, les équipes de l’Agence multiplient les descentes de terrain depuis début août, à l’Est, dans l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord, testant la couverture 2G, 3G et 4G le long des principaux corridors routiers et dans plusieurs centres urbains. Ces contrôles s’appuient sur des indicateurs précis : taux de communications réussies, qualité vocale, stabilité des SMS, fiabilité du Data. « Ces interventions visent : à vérifier la conformité des services aux obligations des opérateurs ; identifier les zones de faibles performances ; déclencher des mesures correctrices ciblées ; assurer une régulation équitable sur l’ensemble du territoire », explique une source proche du dossier.
Les causes structurelles de la dégradation
Ces opérations tendent à mettre en lumière les causes profondes d’une qualité de service jugée de plus en plus insatisfaisante. Certaines relèvent des opérateurs eux-mêmes : défaut de supervision des réseaux, lenteur dans l’entretien des infrastructures, insuffisance des investissements. D’autres tiennent à des facteurs externes : coupures récurrentes de la fibre optique, instabilité de l’approvisionnement énergétique, brouillages radioélectriques.
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Face à cette complexité, la stratégie du régulateur se veut « intégrée et constructive », combinant sanctions, concertations et incitations à l’investissement. Depuis 2022, des engagements de plus de 150 milliards FCFA ont été obtenus auprès des opérateurs. Un audit du réseau national de fibre optique a également été conduit, et des ateliers de concertation permettent un suivi technique régulier avec les acteurs du secteur.
Des inspections qui se soldent par des sanctions
Ces contrôles ne sont pas qu’un exercice technique : ils débouchent régulièrement sur des sanctions lourdes contre les opérateurs défaillants. Le 2 juillet 2025, l’ART a infligé des amendes de 2,6 milliards FCFA à Orange et MTN Cameroon, à l’issue d’une vaste mission de terrain menée sur plusieurs corridors stratégiques et dans les deux principales métropoles.
Les griefs portés contre les opérateurs tournaient autour de : couverture en deçà des seuils contractuels, taux d’échec élevé des communications, blocages fréquents et pratiques tarifaires jugées irrégulières. Orange Cameroun a écopé de 7 sanctions pour un montant de 1,4 milliard FCFA, tandis que MTN a été sanctionné à hauteur d’1 milliard FCFA. Ces sanctions illustrent la récurrence des manquements. Déjà en mai 2023, l’ART avait infligé une amende de 6 milliards FCFA à Orange, MTN et Nexttel pour des défaillances similaires.
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