Le groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS) a inauguré le 7 avril 2025 une nouvelle unité de production d'engrais à Douala, dotée d’une capacité de production de 150 000 tonnes par an. Gérée par Hydrochem, une filiale du groupe, cette usine, installée à Douala, devrait porter la capacité totale de production du groupe à 265 000 tonnes, soit une hausse de 130 % par rapport aux 115 000 tonnes revendiquées actuellement. L’objectif affiché : offrir aux agriculteurs des intrants à coûts réduits, dans un contexte marqué par la flambée mondiale des prix.
« Elle vise non seulement d’importer l’engrais en vrac, ce qui réduit les coûts, mais aussi de formuler localement des produits adaptés à la demande. Ce qui correspond exactement à la nouvelle stratégie agricole, qui prévoit de s’intéresser d’abord à la santé et à l’aptitude des sols », a déclaré un représentant du groupe lors de l’inauguration, présidée par le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mairobé.
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Premiers résultats après le départ de Yara
Cette nouvelle unité est la première mise en service depuis le rachat complet de la participation de l’entreprise norvégienne Yara en juillet 2023. Elle vient s’ajouter à l’usine existante d’Hydrochem à Limbe, dans le Sud-Ouest du Cameroun, qui produit déjà 115 000 tonnes par an. Contrairement aux engrais Yara jugés « trop sophistiqués » et coûteux pour les petits producteurs, la nouvelle gamme proposée par NJS vise un positionnement plus inclusif, adapté aux agriculteurs locaux et à leurs besoins spécifiques.
Avec cette approche stratégique, le groupe NJS espère conquérir doper ses parts de marché dans un secteur des engrais actuellement estimée à 45%, suivie de CamEngrais (filiale de SODECOTON) avec 20% et Solevo. Par ailleurs, le cœur de métier du groupe, qui demeure l’aviculture, est porté par trois filiales : la Société des provenderies du Cameroun (SPC), spécialisée dans l’alimentation du bétail et les œufs destinés à la consommation ; Agrocam, orientée vers la production de poussins d’un jour ; ainsi que Belgocam, chargée de l’importation et de la vente d’intrants.
Impact de la crise russo-ukrainienne sur le secteur des engrais
La crise russo-ukrainienne, entamée en février 2022, a fortement secoué le marché des engrais, entraînant hausse des prix et pénuries d’approvisionnement. Le Cameroun, très dépendant des importations, n’a pas été épargné. La Russie, fournisseur majeur d’engrais azotés, a vu ses exportations freinées par les sanctions internationales et des perturbations logistiques, provoquant une explosion des prix. En 2023, le Cameroun a déboursé 70,9 milliards FCFA pour importer 228 326 tonnes d’intrants agricoles, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS).

