Le groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS) prévoit d’inaugurer en mars 2025 une usine de blending (mélangeur) d’engrais, plus d’un an après avoir repris les activités de Yara, a révélé Jeune Afrique citant des sources confidentielles. À travers cette unité, le groupe familial, leader de l’aviculture dans le pays, va produire une nouvelle gamme d’engrais commercialisée sous la marque Hydrochem du nom de sa filiale dédiée. Cette nouvelle unité mettra sur le marché des intrants plus « simples et accessibles » aux paysans locaux, à la différence de ceux des marques Yara qui sont des engrais sophistiqués et donc pas toujours à la bourse des petits agriculteurs.
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Mais parallèlement, NJS poursuit l’exploitation de l’unité de Yara, dotée d’un mélangeur de 120 000 tonnes par an. La capacité de production du nouveau mélangeur serait de 25 000 tonnes selon Jeune Afrique. Contacté par EcoMatin, Hydrochem n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. L'offensive de NJS n'est pas inattendue. Son cœur de métier demeure l'aviculture, représentée par ses trois filiales : la Société des provenderies du Cameroun (SPC, s'occupant de l'alimentation du bétail et des œufs destinés à la consommation), Agrocam (axée sur la production de poussins d'un jour), et Belgocam (qui se concentre sur l'importation et la vente d'intrants). Cependant, le groupe a également pris soin d'investir dès le départ dans d'autres domaines, parmi lesquels figure celui des engrais.
Avec cette approche, NJS espère glaner un peu plus de parts sur un marché des engrais très concurrentiel et actuellement dominé par des acteurs tels que Solevo, ETG, OCP et des opérateurs locaux. À l’échelle nationale, le déploiement de NJS sur le segment des engrais permettra au Cameroun de réduire ses importations. D’après les données compilées par l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport annuel sur le commerce extérieur du pays, en 2023 par exemple, les achats de ces intrants agricoles ont culminé à 228 326 tonnes à fin 2023, pour une dépense globale estimée à 70,9 milliards de Fcfa. En 2022, le Cameroun avait dépensé 66,4 milliards de Fcfa, pour acheter 129 600 tonnes d’engrais sur le marché international. L’on attribuait cette hausse en raison de l’augmentation des prix consécutive au conflit entre la Russie (grand fournisseur des engrais au Cameroun, Ndlr) et l’Ukraine.



