C'est un indicateur économique qui pourrait témoigner de la vitalité retrouvée du secteur aérien camerounais : en l'espace de cinq ans, le nombre de passagers ayant transité par les aéroports camerounais a enregistré une augmentation spectaculaire de 180,95%. Selon les données officielles de l'Annuaire Statistique des Transports (Édition 2025), le trafic global est passé de 746 032 passagers en 2020, année noire du transport aérien marquée par les restrictions de la COVID-19, à un record historique de 2 095 979 passagers en 2024. Après avoir plus que doublé dès 2021 avec 1,5 million de voyageurs (+102%), le trafic a poursuivi sa croissance à 1,82 million en 2022 (+20,8%), puis à 2,01 millions en 2023 (+10,6%), avant d’atteindre un nouveau record historique en 2024.
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Cette dynamique est largement portée par les deux principales plateformes aéroportuaires du pays. L’aéroport international de Douala conserve son statut de principal hub aérien du Cameroun avec 1 144 841 passagers enregistrés en 2024, contre 404 808 en 2020, soit une hausse de 182,8%. Mais c’est surtout Yaoundé-Nsimalen qui affiche la progression la plus spectaculaire. Le trafic y a plus que triplé en cinq ans, passant de 248 756 à 816 164 passagers, ce qui représente une croissance de 228,1%. À eux seuls, les deux aéroports concentrent près de 94% du trafic passagers national, confirmant leur rôle central dans la connectivité du pays avec les marchés régionaux et internationaux.
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Mais l’analyse des flux montre que le principal moteur de cette expansion est le trafic africain. Les liaisons régionales hors espace CEMAC ont enregistré la plus forte progression sur la période, passant de 165 880 passagers en 2020 à 571 922 en 2024, soit une envolée de 244,8%. Cette évolution traduit un renforcement des échanges avec le reste du continent, porté notamment par la multiplication des connexions vers les grands centres économiques africains. À l’inverse, les aéroports de l’hinterland, notamment Garoua, Maroua et Ngaoundéré, demeurent en retrait et continuent de dépendre essentiellement du trafic domestique.
Douala et Yaoundé captent 91 % des vols
La reprise du transport aérien se reflète également dans l’intensification des mouvements d’avions. Le nombre total d’atterrissages et de décollages est passé de 15 292 en 2020 à 33 537 en 2024, soit une progression de 119,3 %. Après un rebond à 26 396 mouvements en 2021, l’activité a atteint un pic de 36 044 rotations en 2023 avant de connaître une légère correction de 6,9 % en 2024. Malgré ce repli, le niveau d’activité reste largement supérieur à celui observé durant la période de crise sanitaire, traduisant une consolidation durable du marché. Dans ce contexte, Air France a perdu son statut de leader dans le ciel camerounais. Avec 1 365 mouvements d’avions, 258 711 passagers en 2024, le transporteur français, membre du groupe Air France – KLM, cède le fauteuil de leader à Ethiopian Airlines. Selon les données officielles, la compagnie nationale d’Ethiopie s’est imposée comme le premier opérateur avec 1 921 mouvements, 291 763 passagers transportés, devant Brussels Airlines et ses 258 856 passagers.

