Entre 2022 et 2024, les recettes de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) ont reculé de 37% passant de 25,5 milliards à un peu plus de 16 milliards FCFA. Ces chiffres ont été révélés ce 27 mars lors de l’atelier de présentation du rapport de performance financière de la CUY à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Uneca). La direction du budget de la CUY adosse cette chute à trois principaux facteurs : la prédominance des transferts non affectés [centimes additionnels communaux (CAC)] dans l’enveloppe totale des recettes ; le ralentissement de la croissance économique au lendemain de la pandémie de Covid-19 et la double hausse des prix du carburant.
La CUY explique que la mise en œuvre de la réforme CUT, en 2020, a entraîné une baisse dans le recouvrement des CAC (environ 5% entre 2020 et 2021) et la chute des transferts directs à la CUY ; les CAC représentant la plus grande source de revenus de la commune (54,8% des recettes totales). La double hausse du prix du transport en l’espace d’une année et la croissance atone de l’économie du pays (de 3,6% en 2022 à 3,8% en 2023) ont également impacté la collecte des autres taxes communales notamment le permis de bâtir, le droit de mutation, la contribution des patentes entre autres.
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« Les CAC, collectés par l’Etat central, sont notre plus grosse source de revenu et correspondent à des impôts greffés à la consommation. La baisse de cette collecte, liée à la croissance de l’économie, freine l’autonomie économique et fiscale de la CUY malgré les efforts de l’Etat », précise Huguette Noah Essapo, directrice des affaires économiques et du budget de la CUY.
Les activités de la CUY en berne
La CUY a également présenté les conséquences de la centralisation de la collecte des recettes sur ses activités. « Bien que la CUY soit liquide, le fait que ses fonds sont détenus ailleurs entraîne des difficultés à apurer la dette fournisseur, payer les entreprises partenaires et mettre en place le plan de développement urbain », a exprimé la directrice du budget. En effet, depuis la création du compte unique du Trésor, le ratio de solvabilité de la CUY a piqué du nez à moins de 5% en 2023. Par exemple, les dépenses d’investissement, qui représentent 36,7% du budget total des dépenses, a été réalisé à moins de 50% en 2023. Sur les 7,2 milliards budgétisés pour les investissements visant l’amélioration de l’atmosphère urbain et l’apurement de la dette fournisseur, moins de 4 milliards ont été consentis au niveau du CUT.
16 milliards FCFA pour répondre aux urgences urbaines
En s’appuyant sur la future dissolution du CUT au courant de l’année et selon les prévisions de la LF2025, la Communauté urbaine de Yaoundé entend rentrer en possession de ces recettes gelées et enfin mettre en œuvre son plan de développement. Entre autres actions au programme : le lancement du plan d’urbanisation, l’apurement de la dette fournisseur et le financement du plan de sortie de crise de la collecte des ordures. Ce plan, dont le coût est estimé à 15 milliards de Fcfa, devrait permettre l’enlèvement de 80% des ordures cumulées dans les rues de Yaoundé. Il s’agira entre autres d’améliorer les conditions contractuelles des entreprises chargées de la collecte des ordures ménagères (Hysacam, Tychlof) et relever les capacités de collecte estimées à 1 200 tonnes/jour contre une production réelle double à environ 2 600 tonnes à date.
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Toutefois, la CUY soutient que le ratio dette/revenu reste viable avec tout juste 35,5%. Elle a porté auprès de l’Uneca un plaidoyer axé sur la décentralisation du système de collecte des ressources financières et l’autonomisation du processus de passation des marchés publics dans l’espace communal avec pour objectif d’accroître les revenus en privilégiant les investissements rentables.

