Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, lors de la cérémonie d’inauguration du nouvel immeuble siège de la direction générale des Impôts, le 27 novembre 2020, l’avait qualifiée de bidonville à ciel ouvert, devant des maires et le maire de ville, Luc Messi Atangana. « Je profite de cette cérémonie pour en appeler à la responsabilité du maire de Yaoundé. Il est temps que notre capitale cesse de donner l’image d’un bidonville à ciel ouvert avec des constructions anarchiques, des voiries dégradées et une insalubrité rampante », dénonçait-il.
Comme il y a près de cinq ans, l’interpellation du chef du gouvernement n’a eu aucun effet sur les autorités municipales de la ville de Yaoundé le 3 mars 2025 à l’occasion du conseil de cabinet. Alors que chef du gouvernement avait sommé le maire de Yaoundé de donner un visage plus avenant à la capitale, le décor n’a pas changé. En plus des rues défoncées, des façades d’immeubles sales, la pourriture de la ville a dépassé les frontières du Cameroun. Les montagnes de détritus qui essaiment les quatre coins de Yaoundé, constituent aujourd’hui une véritable carte postale, que les médias internationaux décrivent à l’envie.
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Depuis le quartier Etoudi, notamment au marché du coin, situé à quelques encablures du palais présidentiel, la poubelle a élu domicile tant dans la rue qu’aux abords des rues voisines de ce haut lieu de la République. Dans certains grands marchés de la capitale, les montagnes d’immondices, quand elles ne se discutent pas la place avec les vivres et autres aliments, servent désormais de comptoirs ou d’étal aux commerçants.
Invasion à Bastos
C’est le cas au lieu-dit Pont de la gare, en plein cœur de l’un des espaces marchands les plus fréquentés de Yaoundé, le marché du Mfoundi. Situé au centre-ville, ici se dresse une véritable décharge publique qui fait désormais partie du décor. Du trottoir à la chaussée, les immondices s'étalent sur plusieurs mètres, non sans menacer de boucher le lit du cours d’eau qui passe non loin de là.
Ce décor, fait d’odeurs pestilentielles, n’échappe à aucun quartier de la ville qui présente un nouveau relief. Dans le quartier des ambassades, à Bastos, l’invasion des poubelles avance à grands pas. En dépit de la collecte poussive des ordures ménagères par la société d’hygiène et de salubrité, toute la ville exhale un fumet qui rappelle l’état de putréfaction de certaines dépouilles animales. Toute chose défavorable pour l’attrait des investisseurs, et la santé des populations.
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« Bidonville à ciel ouvert », ville-poubelle, les petits noms peu favorables foisonnent pour qualifier la capitale du Cameroun, reconfigurée à la faveur du déluge de déchets ménagers qui semble s’abattre sur elle. Face aux appels sans réponse du Premier ministre pour nettoyer la pourriture qui achève d’embaumer et d’enfumer la capitale, il est désormais urgent que le chef de l’Etat décrète l’état d’urgence comme en 199-1996, à l’orée de l’organisation du sommet de l’Organisation de l’unité africaine qu’abritait le Cameroun. Cette année-là, alors que le volume des ordures avait dépassé la cote d’alerte, le président de la République créa le Programme Social d’Urgence en vue de l’enlèvement des ordures ménagères et de la salubrité dans la ville de Yaoundé par des unités de pré collecte des déchets.
Péril sanitaire
Enfumées par les émanations des décharges à ciel ouvert qui se développent à tous les coins de rue, les enfants et les adultes sont obligés de se pincer les narines lorsqu’ils enjambent des tas d’ordures abandonnées sur les trottoirs ou la chaussée. S’il est difficile d’établir avec exactitude le lien entre certaines affections respiratoires dont souffrent les plus jeunes et le niveau de saleté de la ville, l’on peut sans doute remarquer que certains enfants qui arpentent les rues de la ville pour aller à l’école, sont exposées aux émanations pestilentielles de ces montagnes d’immondices que les riverains, las d’attendre le passage des équipes de collecte des ordures, incendient afin d’en baisser l’évolution. Toute chose qui multiplie les risques de contamination aux maladies pouvant attaquer les poumons, les reins ou encore le foie, sans oublier les irritations des voies nasales et de la gorge.
Mais l’une des causes de cette situation, assure-t-on, résiderait dans le retard observé dans le démarrage de l’exécution du contrat d’enlèvement des ordures conclut entre Hysacam et la mairie de ville. D’un montant de 45 milliards de FCFA, la société qui dit assurer le service minimum en ce qui est de la collecte des ordures, reste selon ses responsables, dans l’attente de la signature de l’ordre de service. Au-delà, l’entreprise indique également que la dette de l’Etat et des communes, concernant le ramassage des ordures, se chiffre à 19 milliards de FCFA rien que pour la ville de Yaoundé.

