L’évolution des engagements du groupe Agence française de développement (AFD) montre que le Cameroun est le pays qui a le plus capté des financements de l’institution française en Afrique centrale au cours des 5 dernières années. Au total, le groupe a engagé 3,2 milliards d’euros dans la région, dont 712,7 millions d’euros de nouveaux financements mobilisés uniquement pour l’année 2024. Le Cameroun représente 34% du volume de ce portefeuille de projets en cours, soit 1,2 milliard d’euros (environ 900 milliards Fcfa), le reste du portefeuille étant réparti entre le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo. Dans le détail, le tableau affiche 64 projets en cours, dont 57 financés directement par l’AFD et 7 par Expertise France, l’agence technique de coopération du groupe qui appuie la mise en œuvre des projets et intervient aux côtés des acteurs locaux. L’AFD a ainsi engagé 905,6 millions d’euros sur les 5 derniers exercices dans différents projets, 275,3 millions d’euros pour Proparco, sa filiale dédiée au secteur privé et 19,2 millions d’euros pour Expertise France.
L’exécution de ces engagements est toutefois marquée par un faible niveau de décaissement : sur le stock de 900 milliards Fcfa, seuls 300 milliards Fcfa ont effectivement été décaissés, soit environ 33% du total des financements. Par conséquent, les restes à décaisser s’élèvent actuellement à environ 600 milliards Fcfa. Virginie Dago, directrice de l’AFD au Cameroun, rassure heureusement : ces financements qui proviennent à 43,7% du Contrat désendettement et développement (C2D), 42,6% des prêts souverains, 5,4% de fonds délégués de l’Union européenne, 4% de subventions directes de l’Etat français, 3,3 de prêts non-souverains, etc., ne courent aucun risque de tomber en forclusion. « Il y a un temps de décaissement qui peut être long, mais le montant engagé finit par être décaissé. Des fois ça va prendre 10 ans alors qu’on pensait que ce serait 5 ans. On n’annule pas de financement », confie-t-elle.
Ce niveau élevé des restes à payer sur plusieurs exercice s’explique aussi des problèmes de maturation des projets, une maladie quasi-incurable de l’administration camerounaise. « Il y a parfois aussi la question de la maturité des projets. Il arrive qu’on essaie de contractualiser une entreprise, après l’appel est infructueux. Il arrive aussi qu’un projet ait été mal dimensionné et qu’il nécessite que l’on rajoute des financements. Et ça va prendre du temps pour diverses raisons », ajoute la dirigeante de l’AFD. Suivant la répartition du portefeuille présenté par cette institution dans son rapport de 2024, 35,7% des projets financés par cette institution au Cameroun se concentrent dans les infrastructures, le transport et le développement urbain.
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Elle a, par exemple, engagé 150 millions d’euros, soit un peu plus de 98,3 milliards Fcfa dans le financement du Projet de lutte contre les inondations à Yaoundé et Douala (Plidy) en cours d’exécution. Celui-ci vise, notamment, à protéger plus de 2 millions de personnes des inondations dans les deux villes. Outre le projet « C2D capitales régionales » qui se consacre aux investissements prioritaires, l’AFD et sa filiale Proparco ont également participé au financement d’un projet énergétique majeur au Cameroun, le barrage hydroélectrique de Nachtigal (412 MW), en l’occurrence, à hauteur de 90 millions d’euros et 60 millions d’euros, respectivement. L’infrastructure achevée en 2024 vient augmenter de 30% l’offre en énergie électrique.

