Entre janvier et septembre 2026, Dangote Cement Cameroon, filiale du cimentier nigérian Dangote, a vendu 836 800 tonnes, en baisse de 9,8 % en glissement annuel, selon les données du rapport d’activité du troisième trimestre récemment publié par le groupe. Ce niveau est en recul de 90 500 tonnes par rapport aux 927 300 tonnes écoulées à la même période un an plus tôt. Cette contraction, le groupe l’adosse à des difficultés logistiques. « Les performances de la période ont été impactées par des perturbations de production dues à des difficultés logistiques qui ont contraint le ravitaillement des dépôts », explique la direction.
De façon plus large, la filiale camerounaise indique avoir également subi le ralentissement du secteur industriel, pénalisé par une demande insuffisante. « Les retards dans les dépenses publiques et le déploiement plus lent des projets d’infrastructure ont pesé sur la demande globale, tempérant la contribution du secteur industriel à la croissance du PIB au cours du trimestre », peut-on lire.
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Cette nouvelle baisse s’inscrit dans la continuité d’une série de contre-performances observées depuis 2025, liées notamment au ralentissement de l’activité après les échéances électorales. Dès fin septembre 2025, Dangote Cement Cameroon enregistrait déjà un repli de 9,3 % de ses ventes, qu’elle attribuait aux « incertitudes électorales ». Les trimestres suivants ont été marqués par des baisses à deux chiffres, chacune justifiée par les conséquences de la période post-électorale.
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Au-delà des contraintes post-électorales, il convient de noter que Dangote Cement, présent depuis 2015 à Douala avec une capacité de 1,5 million de tonnes, évolue sur un marché camerounais de plus en plus concurrentiel, durci par l’inauguration en 2025 de l’usine de Central Africa Cement à Edéa et par l’annonce de nombreux nouveaux acteurs. Pour défendre ses parts de marché, le cimentier nigérian prévoit de construire une nouvelle cimenterie à Douala. Ce projet, présenté en juillet 2026 au Premier ministre par une délégation du groupe, s’inscrit dans le plan d’expansion d’un milliard de dollars signé en février dernier avec Sinoma Engineering pour le Cameroun et six autres pays africains.
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La performance du Cameroun contraste avec l’activité panafricaine du groupe (hors Nigeria), qui affiche une hausse notable de 14 % de ses volumes vendus, à 9,1 millions de tonnes en neuf mois, contre 7,9 millions à la même période un an plus tôt. Selon le groupe, cette croissance a été portée par l’augmentation des dépenses publiques, des investissements dans les infrastructures et l’expansion des services, ainsi que par une inflation modérée dans plusieurs de ses marchés. Parmi ces marchés figurent notamment le Congo, l’Éthiopie, le Sénégal et la Tanzanie, où les ventes ont respectivement progressé de 11,9 %, 18,8 %, 29,9 % et 9,2 %. La nouvelle usine de broyage de Côte d’Ivoire a, elle, poursuivi sa montée en puissance, avec 529 200 tonnes commercialisées depuis son entrée en service. À l’inverse, le Ghana (-10,1 %), l’Afrique du Sud (-6,1 %) et la Zambie (-0,7 %) figurent, avec le Cameroun, parmi les marchés ayant enregistré une contraction de leurs volumes.








