Après avoir mobilisé 1 153,93 milliards de Fcfa en 2024, le Cameroun s'apprête à lever 1 130 milliards de Fcfa sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) en 2025. Depuis son lancement en 2011, ce marché est devenu une source majeure de financement pour les pays de la Cemac. Toutefois, les Trésors publics nationaux rencontrent des difficultés croissantes à atteindre leurs objectifs en raison du durcissement des conditions de marché, notamment à cause de la prédominance des banques qui détiennent près de 80% des titres publics émis.
Un besoin pressant de diversification
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Conscients de cette situation, les pouvoirs publics envisagent d’élargir la base d’investisseurs. « Il est impératif d’associer toutes les forces vives de notre économie, notamment les compagnies d’assurance, les petits épargnants et les populations non bancarisées », a déclaré Moh Sylvester Tangongho, Directeur général du Trésor, de la Coopération financière et monétaire (Dgtcfm), lors d’une rencontre le 13 février dernier à Douala. Cet échange avec la communauté des affaires s’est tenu en marge de la présentation du plan de financement du budget 2025 de l’Etat, estimé à 7 317,7 milliards de FCFA.
Les discussions ont réuni des acteurs clés, notamment la Beac, la Commission de Surveillance du Marché Financier, ainsi que des représentants d’établissements de crédit, de microfinance et d’assurances. Trois axes stratégiques ont été identifiés pour renforcer la mobilisation de l’épargne locale et dynamiser la croissance économique, avec l’objectif de porter le taux de croissance à 4,1% en 2025, contre 3,8% en 2024, et d’atteindre 8% à l’horizon 2030.
Mobiliser l’épargne des compagnies d’assurance
Le premier axe retenu est la mobilisation de l’épargne détenue par les compagnies d’assurance, jugée stratégique pour renforcer la résilience du marché obligataire national. « Nous avons mis en exergue la nécessité d’adapter nos produits financiers aux exigences des assureurs, d’assouplir certaines contraintes réglementaires et de proposer des instruments attractifs et sûrs », a souligné Moh Sylvester Tangongho.
Digitaliser la souscription des titres publics
La digitalisation du processus de souscription des titres publics constitue le deuxième pilier. Selon le DG du Trésor, le digital n’est plus une option mais une nécessité absolue pour moderniser le marché domestique des capitaux. En d'autres termes a-t-il argumenté, « l’innovation numérique peut démocratiser l’accès aux titres publics, réduire les coûts de transaction et attirer une nouvelle génération d’investisseurs individuels ».
Promouvoir l’inclusion financière et le micro-investissement
En fin de compte, la piste de l’inclusion financière et le micro-investissement a également été votée. Cette approche s'illustre comme un moyen d’intégrer les populations non bancarisées en leur permettant d'investir dans les projets de développement grâce aux fintechs et aux solutions de paiement mobile, quelle que soit la situation géographique.
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Ces initiatives interviennent dans un contexte où le coût du financement de la dette publique camerounaise s’alourdit et où la maturité des titres souverains se raccourcit. « Notre système bancaire atteint certaines limites en matière d’engagement sur les titres souverains camerounais. La concentration du portefeuille de la dette dans les bilans bancaires pose un véritable défi : celui de la diversification de notre base d’investisseurs », conclut le DG du Trésor.
À l’occasion de la deuxième édition de la Finance Week organisée à Yaoundé en novembre 2024 par EcoMatin, plusieurs obstacles avaient été relevés, notamment le contexte macroéconomique peu favorable poussant les épargnants vers des actifs non financiers tels que l’immobilier ou l’agriculture. Et aussi le risque de défaut de paiement, l’asymétrie d’information entre les acteurs et les défis sécuritaires aux frontières.
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