Près de 962 milliards FCFA. C’est l’enveloppe dont le Cameroun a besoin pour la mise en œuvre de son Projet de développement durable des chaînes de valeur pomme de terre et patate douce (P2DCV2P) au Cameroun. Ce projet agricole, encore en phase de finalisation, est au centre d’un atelier qui se tient à Douala en vue de la consolidation et à l’évaluation de sa maturité.
« L’atelier vise à mettre en place une politique d’augmentation de la production de la pomme de terre et de la patate douce (…) des filières qui existaient déjà sous forme embryonnaire. Maintenant, nous voulons passer à un projet structurant qui permette à notre pays d’atteindre ses objectifs définis dans la SND30 », a expliqué Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), à l’ouverture de l’atelier.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement prévoit plusieurs sources de financement : 169,4 milliards FCFA sous forme de prêts, 10,8 milliards FCFA de fonds de contrepartie, et 771,9 milliards FCFA provenant des contributions des producteurs locaux de pomme de terre et de patate douce. L’objectif est de développer et rendre compétitives ces chaînes de valeur, tout en renforçant la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, en améliorant par la même occasion, les revenus des acteurs concernés. Le projet vise également à structurer les interprofessions et à augmenter la production d’ici 2030.
Cette ambition se traduira par plusieurs actions concrètes. Premièrement, l’augmentation des rendements grâce à un meilleur accès aux intrants : la production de pomme de terre devrait passer de 12 à 20 tonnes par hectare, et celle de la patate douce de 7 à 15 tonnes par hectare. À titre de comparaison, le Cameroun a produit 274 600 tonnes de pommes de terre en 2024, selon les données de la BEAC.
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Le projet prévoit également la restructuration des filières, qui comptent actuellement plus de 57 acteurs dans le segment de la transformation, ainsi que le renforcement des capacités de ces derniers. Sur le volet transformation, 30% de la production de patate douce sera convertie en farine pour substituer une partie du blé importé, soit environ 24 525 tonnes. Enfin, le projet inclut l’aménagement de 19 710 hectares supplémentaires pour la culture de la pomme de terre, en complément des 16 088 hectares déjà cultivés.
Plusieurs retombées sont attendues : augmentation de la production, désenclavement des bassins de production, et mise en place d’infrastructures socio-économiques de base (points d’eau, centres d’éducation réhabilités, etc.). Près de 600 000 producteurs issus du triangle national seront directement concernés. La composante pomme de terre ciblera six régions (Adamaoua, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Sud-Ouest et Ouest), tandis que la patate douce sera cultivée sur l’ensemble du territoire. Cette initiative s’inscrit dans la politique nationale d’import-substitution, visant à produire localement des denrées jusqu’ici importées et à réduire le déficit de la balance commerciale.
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