Le président camerounais Paul Biya a signé ce lundi un décret habilitant le ministre des Finances à recourir à de nouveaux emprunts intérieurs et extérieurs pour un montant global de 930 milliards de francs CFA (environ 1,42 milliard d’euros). Ces fonds seront destinés « au financement de projets de développement ainsi qu’à l’apurement des dettes de l’État ».
Selon le texte, le montant est réparti en trois volets : 350 milliards FCFA à mobiliser sur le marché intérieur via l’émission d’Obligations du Trésor (OT) et d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA), 250 milliards FCFA sous forme de prêts directs auprès d’organismes privés locaux, et 330 milliards FCFA à lever sur les marchés bancaires extérieurs.
Ce décret s’inscrit dans le sillage de la loi de finances rectificative pour l’exercice 2025, adoptée en juillet dernier, qui a revu à la hausse les besoins de financement de l’État, portés à 2 326,5 milliards de FCFA, soit une progression de près de 30 % par rapport aux prévisions initiales.
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Si le décret ne précise pas les projets de développement ciblés, la dette intérieure constitue l’un des principaux enjeux. À fin 2025, les restes à payer sont évalués à 485,4 milliards de FCFA, en recul de 19,4 % sur un an selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Près de 78 % concernent des arriérés de plus de trois mois.
En réalité, l’État camerounais recourt à de nouveaux emprunts pour rembourser d’anciennes dettes. Cette démarche peut offrir un soulagement immédiat en restaurant la confiance des créanciers, mais elle comporte le risque d’alourdir la charge de la dette sans impact direct sur la productivité de l’économie, si les investissements dans des infrastructures et industries structurantes ne suivent pas.
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