Le Président Camerounais n’a pas dérogé à la traditionnelle révision budgétaire en milieu d’exercice. Ce 11 juillet 2025, et pour la huitième année consécutive, Paul Biya a signé une ordonnance « modifiant et complétant certaines dispositions » de la loi de finances pour l’exercice en cours. Le texte qui, devrait être voté par le Parlement dominé par la majorité présidentielle, prévoit de porter le budget de l’État à 7 735,9 milliards FCFA, soit une hausse de 418,2 milliards (+ 5,71 %) par rapport au budget initial. Cet ajustement est corrélé à une révision à la hausse des dépenses publiques et un abaissement des recettes internes. Pour couvrir le gap et rétablir l’équilibre budgétaire, le gouvernement devra recourir à des ressources d’emprunt supplémentaires.
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Plus de 100 milliards FCFA de recettes en moins
Concrètement, le réajustement budgétaire prévoit un trou de 133,3 milliards FCFA dans les recettes globales. La principale source étant la dégradation des recettes pétrolières (93,3 milliards, soit -12,7%). Au ministère des finances, on justifie cette contraction par une révision à la baisse du prix du baril de brut camerounais à l’international (66,94 USD contre 72,84 initialement), une baisse de la production de pétrole brut (19,81 millions de barils contre 20,71 millions) et de gaz (79,2 milliards de SCF contre 92 milliards précédemment). Les impôts et taxes, qui génèrent 83% des ressources internes, vont également accuser un repli. Ce poste devrait générer 12,2 milliards FCFA de moins que ce qui était prévu dans le budget initial. Aucun commentaire officiel n’a été fourni sur les causes de cette contreperformance.
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Dépenses accrues, pression sur la dette
Du coté des dépenses budgétaires, une augmentation de 82,8 milliards FCFA est anticipée par le Président Camerounais, portant leur total à 5 646,14 milliards FCFA. Elles sont tirées par la ligne « dépenses de biens et services » qui a été relevée de 51 milliards FCFA, en lien avec « le paiement par l’État de la dette d’ENEO vis-à-vis de GLOBELEC, la prise en charge des projets de santé initialement financés par l’USAID et le renforcement des provisions pour reports de crédits (+ 5 milliards FCFA) apprend-t-on.
L’investissement public connaîtra un recul de 11 milliards tandis que des coupes budgétaires seront opérées sur les dépenses de personnel (-20 milliards FCFA) et les pensions des fonctionnaires et autres agents de l’État (-10 milliards).
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En revanche, les charges de la dette explosent à 388,2 milliards FCFA, portant l’enveloppe à 2 369,7 milliards FCFA. Cette hausse s’explique par des remboursements les remboursements des OTA et emprunts obligataires de l’État(+104 milliards), la constitution d’une provision pour réduction de l’encours des BTA (+104,3 milliards), le paiement d’arriérés sur la dette intérieure (+50 milliards), ainsi que l’apurement des restes à payer accumulés en 2024.
Endettement renforcé pour combler le déficit
Les besoins de financement (déficit + dette) sont désormais évalués à 2 326,5 milliards FCFA, contre 1 795 milliards initialement, soit une hausse de 531,5 milliards FCFA. Pour combler ce besoin, le gouvernement prévoit de rehausser les emprunts, avec un objectif d’endettement en progression de 31 %. Yaoundé prévoit avant la fin de l’année, u, nouvel emprunt extérieur de 330 milliards FCFA. Ce financement, qui n’était pas prévu dans la loi initiale, sera mobilisé auprès d’institutions multilatérales telles que la Banque mondiale, la BAD ou Afreximbank.










