Le Cameroun a enregistré en 2024 la baisse la plus significative de ses recettes pétrolières depuis 2020, avec une diminution de 188,3 milliards FCFA. Selon les données des Ressources du budget de l'Etat pour l'exercice 2024 du Document de Programmation Économique et Budgétaire à Moyen Terme (DPEBMT) 2026-2028, du ministère des Finances, les recettes pétrolières sont passées de 877,0 milliards FCFA en 2023 à 688,7 milliards FCFA en 2024 (-21,5%). Cette chute s'inscrit dans la continuité d'une tendance baissière qui avait déjà vu les revenus pétroliers chuter pendant la période de pandémie du Covid 19 de 468 milliards FCFA en 2019 à 286,7 milliards de Fcfa en 2020, soit une baisse de 181,3 milliards FCFA, soit près de 39%.
Selon le DPEBMT, cette dégradation s'explique par plusieurs facteurs, qui ont directement contribué au dérapage du déficit budgétaire global en 2024. Les principales raisons de cette chute incluent une révision à la baisse de la redevance de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) due à un cours mondial du baril de pétrole plus faible (66,94 dollars contre 72,84 dollars initialement), une diminution de la production pétrolière (19,81 millions de barils bruts contre 20,71 millions prévus), une régression de la production de gaz (de 92,0 à 79,2 milliards de scf), et une légère augmentation du taux de change du dollar américain (passant de 597,69 FCFA à 609,12 Fcfa). Ce retrait des recettes internes a ainsi engendré un manque à gagner de 0,4% du PIB, dont 0,3% du PIB attribuables aux seules recettes pétrolières.
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Les conséquences de cette chute de revenus du pétrole sont multiples et directes sur le budget de l'État. Concrètement, en 2024, le déficit budgétaire global a atteint 1,5% du PIB, contre un objectif initial de 0,4%. Le ministère des Finances précise que ce dérapage a nécessité des ajustements et des économies sur d'autres postes de dépenses. Des réductions ont ainsi été opérées sur les dépenses d'investissement public (0,7% du PIB) et sur les transferts (0,3% du PIB), permettant de compenser partiellement les dépassements observés sur d'autres postes, notamment les biens et services, les intérêts de la dette et les dépenses de personnel, dont l'effet net sur le déficit budgétaire s'est élevé à 0,7% du PIB.
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Le constat est clair : la dépendance du Cameroun à l'or noir rend son économie vulnérable aux fluctuations de ce marché, compromettant potentiellement la création de richesses et la stabilité budgétaire à moyen terme.
Des perspectives peu reluisantes
Pour 2025, la situation ne s'améliore pas, avec un niveau projeté de la mobilisation des recettes internes en baisse de 0,3 point, toujours du fait des recettes pétrolières. Le budget révisé de l'État pour 2025 anticipe d'ailleurs une nouvelle contraction de cette catégorie de recettes à 641,5 milliards FCFA, contre 734,8 milliards FCFA initialement prévus, soit une diminution de 93,3 milliards FCFA (-12,7%). Les projections jusqu'en 2028 accentuent cette inquiétude : les recettes pétrolières devraient s'établir à 609,5 milliards FCFA en 2026, avant de chuter davantage à 563,1 milliards FCFA en 2027, puis de remonter légèrement à 589,5 milliards FCFA en 2028.



