Le Cameroun envisage de mettre sur pied une banque de données foncières. Cet ambitieux projet a été dévoilé le 5 juin 2025 par Boma Donatus, directeur général de l’Agence de promotion des investissements (API), lors de la clôture des Journées économiques internationales des communes (Jeicom). L’API, en tant que facilitateur en matière de promotion des investissements, souhaite implémenter un système d'information destiné à stocker et gérer les données relatives aux propriétés foncières.
Ce système centraliserait les informations sur les propriétaires fonciers, les descriptions détaillées des parcelles (superficie, localisation, limites…), les titres de propriété, les droits fonciers, les transactions (achats, ventes, locations), ainsi que les plans d’urbanisme et d’aménagement du territoire.
L’objectif affiché par l’État à travers l’API est de fournir un accès centralisé et sécurisé aux données foncières afin d’améliorer la gestion des terres, de réduire les conflits et litiges, et de faciliter l’accès des investisseurs aux terrains disponibles.
« Nous voulons trouver une alternative aux procédures souvent contraignantes pour solliciter le secteur public en vue de l’attribution de terrains privés. Beaucoup d’opérateurs privés disposent de terres qu’ils souhaitent mettre à disposition des investisseurs. Dans ce sens, le foncier constitue une problématique majeure autant pour les opérateurs que pour les investisseurs », confie une source anonyme au sein de l’API.
Accès à la terre jugé difficile par 76 % des investisseurs
La mise en œuvre d’une banque de données foncières apporterait une réponse concrète à l’un des principaux freins à l’investissement dans les secteurs immobilier et agro-industriel. Le Rapport de l’enquête sur le climat des affaires dans le secteur industriel, publié en novembre 2023 par le ministère de l’Économie, indique que 76 % des chefs d’entreprise estiment difficile l’accès à la terre.
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De plus, selon le rapport 2023 de la Commission nationale anticorruption (Conac), le secteur foncier arrive en tête des activités les plus dénoncées, avec 698 plaintes recensées (soit 21,31 % de l’ensemble), dont 13 % liées à des litiges fonciers présumés et le reste à des soupçons de détournement d’indemnisations destinées aux populations.
Pour les experts, une banque de données foncières permettrait une transparence accrue, une sécurité juridique renforcée, une réduction des délais et des coûts de transaction, ainsi qu’une meilleure protection des droits des propriétaires et des usagers. Mais avant cela, l’API devra convaincre les détenteurs de terrains privés à proposer leurs parcelles, puis établir un mécanisme de vérification avec les administrations compétentes, telles que la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI).

