Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Immatriculation des terres : au Cameroun, l’accord des chefs traditionnels désormais requis pour des superficies de 20 ha et plus

Présenté comme l’un des secteurs les plus gangrenés par la corruption, le foncier fait l’objet d’un recentrage des procédures au Cameroun. Une réforme introduite par le gouvernement entend prévenir les accaparements et litiges récurrents.

Publiée mardi 22 avril 2025 à 13:17:23Modifiée mardi 22 avril 2025 à 13:56:37Temps de lecture 4 minPar Marius Zogo

Ayissi Eyebe good
Henri Eyébé Ayissi, ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières du Cameroun

Les litiges fonciers ont été la principale source de dénonciations en 2023, selon le rapport annuel de la Commission nationale anti-corruption (Conac). Dans une lettre-circulaire datée du 2 avril 2025, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), Henri Eyebe Ayissi, réorganise le processus d’immatriculation des terres en impliquant davantage les chefs traditionnels. Cette correspondance institue une « lettre de non-objection ».

Le texte du Mindcaf entre en vigueur dès le 1er juillet 2025. Celui-ci précise que l’approbation des chefs traditionnels de premier et de deuxième degré est désormais indispensable pour la « validation des dossiers de demande d’immatriculation directe ou de concession par un particulier, une collectivité ou une communauté sur des dépendances du domaine national concernant des superficies spécifiques ou cumulées égales ou supérieures à 20 hectares, au niveau du délégué départemental » du Mindcaf.

Lire aussi : Import-export de Cacao : Emmanuel Neossi au cœur d’un nouveau scandale

À travers cette décision, l’État entend résoudre quatre problématiques majeures. Premièrement, l’implication incontournable des chefs traditionnels vise à prévenir l’accaparement des terres et la spoliation des communautés familiales. À cet effet, une autorité administrative contactée par EcoMatin confirme que « depuis un certain temps, les gens allaient dans les villages accaparer les terres des populations. Ils immatriculaient soit au profit des chefs de communautés, soit alors au profit des tiers moyennant des sommes d’argent qui n’étaient même redistribuées aux populations. Finalement, c’étaient toujours les problèmes à n’en point finir. Le ministre a peut-être estimé que, pour mieux contrôler ces affaires, il faut impliquer les chefs traditionnels au premier rang », précise notre source ayant requis l’anonymat.

Lire aussi : Eyebe Ayissi veut mettre un terme à l’occupation illégale du domaine de l’Etat

L’autre raison qui motive l’arrêté ministériel susmentionné, c’est le souci de prévenir les litiges fonciers. À en croire le rapport 2023 de la Commission nationale anti-corruption (Conac), le secteur des Affaires foncières a fait l’objet du plus grand nombre de dénonciations reçues par voie de courrier administratif par le bras séculier de l’État en matière de lutte contre la corruption. En effet, ce domaine a enregistré 698 dénonciations (sur un total de 3 272), dont 428 portant sur les litiges fonciers. Sous ce rapport, Henri Eyebe Ayissi estime que la nouvelle procédure est un moyen de renforcer la sécurité juridique et psychologique des futurs titulaires de droits fonciers sur le domaine national. En dernier ressort, le Mindcaf inscrit la « lettre de non-objection » dans la logique de la promotion d’une gouvernance foncière responsable, qui ambitionne de faire du domaine national un levier important pour la réalisation d’activités génératrices de revenus au profit des populations riveraines.

Lire aussi : Scandale foncier de l’usine Bastos : au Cameroun, le cigarettier British American Tobacco dénonce de nouvelles menaces

Cette initiative du Mindcaf intervient à la suite de nombreux scandales fonciers déplorés dans plusieurs coins du pays, et surtout quatre mois après que le président de la République, Paul Biya, a remis en question la gestion foncière. « Améliorer la gouvernance, c’est aussi amplifier la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. C’est garantir une sécurité juridique aux investissements privés. C’est assurer la protection de la propriété foncière, où certaines dérives ont été constatées », a-t-il déploré dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2024.

Lire aussi : Cameroun : avec 10,6 milliards de Fcfa de recettes collectées, le ministère des Domaines réalise 53,5% de son objectif à fin octobre

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Immatriculation des terres : au Cameroun, l’accord des chefs traditionnels désormais requis pour des superficies de 20 ha et plus
MindcafConacArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 1 jourDaily life in Kerawa village with Boko HaramPolitiques PubliquesLe Cameroun cherche 1 119 milliards FCFA pour relancer sa stratégie agricole après les déboires du Piisah Avec à peine 8% de financement mobilisés, le plan d’import-substitution 2024-2026 a pâti de contraintes de trésorerie mais Yaoundé vient de présenter une autre version baptisée le ''Pacte AgriConnect''. il y a 3 joursEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 3 joursYaounde VillePolitiques PubliquesCameroun : la participation du public à l’élaboration du budget de l’État s’effondre de 20 à 9 points (rapport)Le Cameroun associe de moins en moins le public à ses décisions budgétaires. Selon l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le pays obtient une note de 9/100 sur cet indicateur, contre 20/100 deux ans plus tôt.il y a 4 joursEpremiumdouanesTransport et LogistiqueCameroun, Nigeria et Bénin préparent l’interconnexion de leurs systèmes douaniersCes trois pays avec l’appui d’Afreximbank, préparent un vaste chantier pour fluidifier leurs frontières, dans un contexte où le commerce intra-africain reste marginal comparé au reste du monde.il y a 4 joursEpremiumLe ministre centrafricain des Finances et du Budget XXXPolitiques PubliquesDette publique : la Centrafrique lance une nouvelle offre de rachat de 7,5 milliards FCFA après un premier essai décevantLa première tentative n'avait guère convaincu les investisseurs. Le Trésor centrafricain revient à la charge, alors que plusieurs échéances de remboursement approchent.il y a 5 jours

Articles similaires

CAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 1 jourUne vue du centre-ville de YaoundéPolitiques PubliquesCameroun : l’État récupère 6 milliards FCFA dans les affaires de corruption, mais leur gestion interrogeLa Conac, chargée de lutter contre la corruption au Cameroun, souhaite désormais la mise en place d’un organisme chargé de suivre l’utilisation des sommes récupérées et de veiller à ce qu’elles servent à financer des projets de développement.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 3 jours2Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 2 jours3Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 4 jours4Cameroun : l’offre aérienne s’étoffe avec 21 compagnies, portée par les liaisons africainesil y a 5 jours5Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 4 jours6Fitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »il y a 5 jours7CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 3 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 1 jour9Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 3 jours10Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 1 jour
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.