L’Institut national de la statistique (INS) vient de publier sa "Note mensuelle sur l'évolution des prix à la consommation finale des ménages au Cameroun: mois de septembre 2025". Celle-ci révèle qu’à fin septembre, le taux d'inflation au Cameroun s'établit à 3,9%. Bien que toujours au-dessus du seuil CEMAC (3%), l’inflation a reculé d’1 point de pourcentage par rapport à la même période en 2024. Une tendance baissière affichée depuis le début de l’année en cours après que le taux d’inflation a atteint 4,9% en moyenne annuelle en 2024.
Toutefois, malgré ce repli du taux d'inflation, la vie chère persiste, soutenue par la hausse continue des prix des produits alimentaires et des coûts de transport, qui représentent les deux postes les plus importants dans les dépenses de consommation finale des ménages. « La dynamique inflationniste reste principalement alimentée par les produits alimentaires (+7,0%) et les services de transport (+5,1%). Ces deux postes, qui représentent la plus grande part du budget des ménages, exercent une influence déterminante sur l'évolution générale des prix », peut-on lire.
Selon les données communiquées par l’INS, on relève que l'indice des prix alimentaires connaît une progression influencée par l'augmentation des prix de plusieurs denrées de base notamment des légumes, céréales, viandes ainsi que des poissons et fruits de mer. En effet, l’INS souligne un renchérissement des légumes et fruits dont les prix ont bondi respectivement de 11,4% et 11,8%. Les céréales et pains affichent une hausse de 5,7%, suivis par les poissons et fruits de mer (+4,1%) et les viandes (+3,4%). Les produits sucrés et confiseries sont les seuls produits qui enregistrent une baisse à -0,4%.
Un tour dans les marchés locaux et grandes surfaces permet de confirmer ces tendances. Ainsi, dans les principaux marchés de Yaoundé, Douala et Maroua, les prix des légumes frais en fruits (tomates, gombos, poivrons) et les légumes frais en feuilles tels que le « zoom », le « keleng keleng », « l'okok » et le « ndolè » ont enregistré des bonds de plus de 50%. La botte de légumes zoom qui s’échangeant à 400 FCFA à Maroua (contre 200FCFA un mois plus tôt), 300 FCFA à Douala et Yaoundé tandis que la tomate se vend entre 50 FCFA et 100 FCFA l’unité en fonction de la grosseur. Les viandes, en particulier le poulet de chair vivant et le poulet local sur pieds, ont également connu une flambee, avec des prix compris entre 3 800 FCFA et 4 800 FCFA la volaille de 3kg respectivement à Douala et Maroua. Le kilogramme de sucre, lui, s'est établi à un minimum de 800 FCFA.
Lire aussi : Cameroun : le taux d’inflation grimpe à 5,3% malgré un repli des prix du transport et des aliments
À noter qu’à l'échelle régionale, l'indice des prix varie d'une région à une autre. Dans les faits, cet indicateur est plus élevé dans les villes de Bamenda (4,9%), Maroua (4,4%), Bafoussam (4,3%), Buea (4,3%), Ngaoundéré (4,2%), Douala (3,9%), Ebolowa (3,8%) et Yaoundé (3,7%). Les autres métropoles affichent des taux d’inflation plus proche de la norme communautaire notamment Garoua (3,2%) et Bamenda (2,4%).

