Climat délétère à la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) depuis le lundi 17 février 2025. Les employés de cette entreprise publique détenue à 100% par l’Etat du Cameroun, sont en grève. Ils revendiquent des impayés de salaires allant de septembre 2024 à nos jours soit exactement 06 mois d’arriérés.
Rendu à sa la deuxième journée de grève, des sources proches au sein de l’entreprise redoutent déjà un impact « immédiat » sur la production ce d’autant plus que les activités sont totalement à l’arrêt y compris dans les entrepôts de Yagoua et Maga, grands bassins de production du riz dans l’Extrême-nord du pays. « On ne peut certes pas parler de pertes en termes d’argent mais je dois reconnaître que nous sommes dans la phase de mise en place de la campagne rizicole et une journée de perdu nous éloigne du calendrier cultural », confie un cadre de la Semry.
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Bien plus, cette cessation d’activité n’épargne pas le projet Viva-Logone dont l'unité de gestion du projet est à l'intérieur de la Semry. Il s’agit en effet, d’un projet gouvernemental mis en œuvre depuis novembre 2022 pour une durée prévisionnelle de 07 ans et financé à hauteur de 124 milliards de Fcfa. Son objectif est de fournir des infrastructures et des services d’irrigation et de drainage durables, et d’améliorer la productivité et la production agricole en l’occurrence le riz dans les parcelles culturales de la Vallée du Logone.
Habituée des grèves
Pour l’heure, aucune communication officielle ne filtre sur les raisons pouvant expliquer l’accumulation du non-paiement des salaires aux employés. Mais à l’observation, ce n’est pas la première fois que les travailleurs de cette entreprise publique revendiquent leur dû. L’on se souvient qu’en juillet 2018, ils réclamaient entre 5 et 6 mois d’arriérés. L’on évoquait notamment le retard dans le déblocage de la subvention de 600 millions Fcfa accordée par an à cette entreprise par l’Etat. En janvier 2022, la même situation s’est reproduite : personnel administratif et agriculteurs avaient battu le macadam pendant une semaine avant de suspendre la grève après une promesse de paiement de trois mois.
Pour mémoire, en 2022, la CTR déplorait l’absence des subventions d’investissements, qui entraîne aussi une légère baisse de l’actif immobilisé. En pleine exécution du Plan intégré d’import-substitution, la situation premier producteur national de riz interpelle au premier rang l’Etat surtout dans un contexte où le pays continue d’importer massivement cette denrée alimentaire face à un déficit accru de la production qui peine à couvrir la demande. Pour Gabriel Mbairobe, « l’un des problèmes cruciaux de la Semry était les équipements. Le ministère de l’Agriculture et du développement local a acheté 10 tracteurs, nous allons encore en ajouter 04 et nous allons réhabiliter une troisième ligne de décorticage de riz à la Semry », faisait-il savoir à la radio nationale le 19 janvier 2025.

