L’objectif du gouvernement camerounais est de porter la production de riz de 140 710 tonnes (22% de la demande nationale Ndlr) en 2024 à 460 000 tonnes en 2027 question de réduire les importations massives ayant coûté 200,8 milliards de Fcfa au pays en 2023 selon les données de l’Institut national de la statistique (INS). Si cette vision est concrétisée, la production de riz de la première économie de la Cemac aura triplé en l’espace de trois ans. Toutefois, bien qu’elle aura bondi de 319 290 tonnes en valeur absolue et de 227% en valeur relative, la production de riz n’aura pas comblé la demande nationale estimée à 648 085 tonnes à date.
De nombreux projets en attente
L’atteinte de ces objectifs serait cependant possible à condition d’une volonté des pouvoirs publics à matérialiser un certain nombre de projets annoncés et répertoriés dans le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027 produit par le ministère des Finances. Ainsi, l'une des priorités du gouvernement c’est le démarrage du projet de développement de la chaîne de valeur du riz. D’après le Programme d’investissement prioritaire (PIP). Evalué à 98 milliards de Fcfa, ledit projet devrait débuter cette année pour s’achever en 2030.
Une autre piste à explorer est le lancement du projet « plaine centrale » avec une première phase de 400 000 hectares sur une superficie totale estimée à 1,131 million d'hectares. Ces terres ont été identifiées le long du corridor Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré (584, 5 km) entre les régions du Centre et de l’Adamaoua. Dans les tiroirs depuis 2015, ce projet a été ressuscité en mai 2023 (8 ans après) et n’attend plus que les résultats escomptés notamment, la culture abondante du riz. L’enveloppe budgétaire prévisionnelle est de 351 milliards de Fcfa soit 100 milliards de Fcfa (28,5%) de la contribution de l’Etat contre 251 milliards pour les potentiels investisseurs selon les données obtenues auprès du point focal de l’ambitieux projet.
Les pouvoirs publics misent aussi sur le démarrage du projet d’aménagement de 15 280 ha de périmètre hydro agricole dans l’Adamaoua ainsi que celui de 10 000 ha de zones hydro-agricoles dans la localité de Logone Birni dans la région de l’Extrême-Nord. Le projet Viva Logone n’est pas en reste. Soutenu à hauteur de 200 millions de dollars par la Banque mondiale, il devrait promouvoir la production agricole et agroalimentaire ainsi que la mise en œuvre d’un plan de transformation de la Semry (Société d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua).
Dans le même registre de grandes annonces, l’on note la construction d’usines d’engrais chimique (70,9 milliards de Fcfa d'importations en 2023) « de grande capacité ». A l’Assemblée nationale le 30 juin 2023, Fuh Calistus Gentry, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du développement technologique (Minmidt) annonçait la création de trois usines de production d’engrais chimiques et organiques. Pour le membre du gouvernement, ces usines devraient être implémentées à Limbé (Sud-Ouest), Yaoundé et Douala. Il reste cependant la concrétisation de ces différents projets sans lesquels l'atteinte des objectifs supra mentionnés ne resterait qu’une utopie.











