Standard & Poor's a confirmé, le 11 septembre, la note de crédit souverain du Tchad à court et long terme, en devises étrangères comme en monnaie locale, à « B-/B », avec une perspective stable. Cette maintient le pays dans la catégorie spéculative, mais six crans au-dessus du défaut de paiement, ce qui signifie que le Tchad conserve, aux yeux de l'agence, une capacité à honorer ses engagements financiers, bien que celle-ci reste très sensible à une dégradation de son environnement économique ou politique. « Nous avons confirmé notre notation "B-/B" pour le Tchad », indique l'agence dans son communiqué, précisant que les perspectives stables « équilibrent les solides perspectives de croissance économique du Tchad, le soutien des donateurs et la structure favorable de la dette publique » avec les risques liés à la dépendance pétrolière et à l'instabilité régionale.
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S&P table sur une croissance moyenne du PIB réel de 4,8 % par an entre 2026 et 2029, portée par la hausse de la production d'hydrocarbures, les investissements dans les infrastructures et la mise en œuvre du plan national « Tchad Connexion 2030 ». Doté d'une enveloppe de 30 milliards de dollars, ce programme quinquennal vise à moderniser l'électricité, les transports, la numérisation et l'accès à l'eau. Le gouvernement a d'ores et déjà obtenu environ 25 milliards de dollars de promesses d'investissement, principalement en provenance des Émirats arabes unis.
L'or grimpe, le pétrole domine toujours
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Si les hydrocarbures restent le socle de l'économie tchadienne, représentant encore plus de 60 % des exportations, le secteur minier progresse rapidement. Les exportations d'or sont passées de 369 milliards FCFA en 2024 à 649 milliards en 2025, et devraient dépasser 1 000 milliards cette année, portées par la remontée des cours. La production de coton a, elle, bondi de 160 % lors de la dernière campagne, atteignant 150 000 tonnes. Côté pétrole, la production devrait passer de 50 millions de barils en 2025 à plus de 60 millions en 2029, avec un objectif ambitieux de 250 000 barils par jour fixé par les autorités pour 2030.
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Ces performances ne suffisent cependant pas à relever significativement le niveau de vie de la population. Le PIB par habitant devrait rester à seulement 1 222 dollars en 2026, pour atteindre péniblement 1 400 dollars en 2029; l'un des niveaux les plus bas parmi tous les pays notés par S&P. L'agence souligne par ailleurs la fragilité sociale et sécuritaire du pays. Le Tchad accueille plus de 1,5 million de réfugiés soudanais, soit environ 9 % de sa population, ce qui pèse sur les finances publiques et la cohésion sociale. Frontalier de la Libye, du Niger et du Soudan, le pays reste exposé à un risque élevé de contagion sécuritaire régionale, ainsi qu'aux attaques de Boko Haram dans la zone du lac Tchad.
Sur le plan budgétaire, S&P salue les efforts de digitalisation de l'administration fiscale et douanière, qui ont permis d'élargir l'assiette fiscale hors pétrole. Le déficit budgétaire devrait ainsi se limiter en moyenne à 1 % du PIB sur la période 2026-2029. Mais l'agence rappelle que le programme du FMI de 625 millions de dollars, approuvé en juillet 2025, reste suspendu dans l'attente de garanties régionales au sein de la zone CEMAC une contrainte qui illustre les limites de flexibilité monétaire liées à l'arrimage du franc CFA à l'euro.
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S&P prévient enfin qu'elle « pourrait abaisser [sa] notation du Tchad si de graves tensions de liquidités apparaissaient sur les comptes du gouvernement », ou si la situation sécuritaire venait à se détériorer sensiblement. À l'inverse, une croissance économique dépassant nettement les attentes de l'agence, portée par la diversification et l'investissement, pourrait ouvrir la voie à un relèvement de la note.
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