Le Tchad poursuit le processus de certification de sa solvabilité auprès des investisseurs internationaux. Quelques jours seulement après Standard & Poor’s, Fitch Ratings vient également d’attribuer sa note inaugurale pour ce pays d’Afrique centrale. Dans un communiqué publié le 30 octobre dernier, l’agence américaine à indiquer avoir octroyé un B- sur les emprunts en devises à long terme du pays, assortis d’une perspective stable. C’est la même note attribuée par S&P ; elle correspond à la catégorie des obligations « hautement spéculatives ». Bien plus, le Tchad devient le 2e pays le mieux noté de la CEMAC derrière le Cameroun (B) et devant le Congo (CCC+) et le Gabon (CCC+).
Fitch explique que sa décision a été motivée par le fait que la croissance économique du Tchad fasse preuve de résilience malgré un contexte peu reluisant. L’agence projette une croissance « modérée » du PIB à 2,4 % en 2024 et une moyenne de 2,7 % sur la période 2025-2026. Celle-ci sera affectée par une stagnation de la production pétrolière qui représente 75% des exportations, 60% des recettes publiques et % du PIB. « Au cours de la dernière décennie, la croissance réelle du PIB du Tchad a atteint 1,8 %, soit moins que la moyenne de 3,5 % de la médiane « B », en raison de la forte volatilité de la production pétrolière ». Au plan budgétaire, l’agence anticipe un creusement du déficit public à 2,4% avant une amélioration à 1,4% en 2025 et 2025. N’Djamena reste néanmoins un pays faiblement endetté. Le ratio dette/PIB de ce pays devrait se maintenir à 35,3 % en moyenne sur la période 2025-2026 ce qui donne encore suffisamment de marge de manœuvre au gouvernement, car le seuil d’endettement prescrit dans la CEMAC est de 70%. S’agissant des remboursements, le taux d'intérêt moyen pondéré sur le stock total de la dette était de 3,2 %, avec une maturité moyenne de 5,9 ans.
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L’agence américaine salue également l’apaisement du climat politique au Tchad après le décès du maréchal-président Idriss Déby Itno en 2021. Toutefois, le Tchad reste exposé à des tensions sécuritaires régionales importées du Sahel. « Nous considérons que le conflit en cours au Soudan accroît l'incertitude à la frontière du Tchad. Si les retombées sécuritaires ont jusqu'à présent été contenues, une guerre prolongée au Soudan pourrait s'étendre au Tchad en raison des affinités ethniques transfrontalières. Nous nous attendons également à ce que le conflit continue de provoquer un afflux de réfugiés en provenance du Soudan, les autorités estimant que le nombre de personnes déplacées atteindra 900 000 d'ici fin 2024 ».
Réagissant mardi dernier à sa première notation souveraine, le ministère des Finances du Tchad a expliqué que cela pourrait servir de tremplin à ce pays pour diversifier sa recherche de financements à l’international. « L’agence de notation Standard & Poor’s a attribué une notation inaugurale de B-/B avec une perspective stable à la République du Tchad, notation la plus élevée pour les pays de la zone CEMAC (…) Cette notation inaugurale contribuera à la mobilisation des ressources nécessaires au déploiement du Plan national de développement (PND), qui portera notamment une ambition de diversification de l’économie, de modernisation des infrastructures et de renforcement du capital humain », peut-on lire.








