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Banques et Finance

Congo : les banques signalent leurs limites face à l’accumulation des titres publics

Pour desserrer cette dépendance, Brazzaville veut désormais élargir sa base d’investisseurs et rendre ses obligations plus liquides sur le marché secondaire.​

Publiée lundi 14 septembre 2026 à 13:05:17Modifiée lundi 14 septembre 2026 à 13:05:20Temps de lecture 3 minPar EcoMatin

Le ministère congolais des Finances
Le ministère congolais des Finances

Les banques qui financent le Congo sur le marché régional commencent à rappeler à Brazzaville que leur capacité à absorber sa dette n’est pas illimitée. Lors d’une rencontre avec le Trésor congolais, le 11 septembre à Douala, les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) ont notamment évoqué, selon le communiqué publié à l’issue des travaux, « les contraintes prudentielles » auxquelles ils sont soumis ainsi que « les limites internes d’exposition » qui encadrent leurs investissements en titres publics.

L’alerte intervient alors que le Congo sollicite fortement le marché de la BEAC. À fin juillet 2026, l’encours de ses titres publics atteignait 3 040,8 milliards de FCFA, contre 2 649,6 milliards un an auparavant. Le pays représente ainsi près de 29 % des 10 560,8 milliards de FCFA de titres publics en circulation dans la CEMAC.

Lire aussi: Titres publics : le Congo lève 164 milliards FCFA en janvier, mais alourdit ses échéances à court terme

La préoccupation est d’autant plus importante que les banques portent l’essentiel de cette dette. Les SVT détenaient à eux seuls 1 576,3 milliards de FCFA de titres congolais à fin juillet, soit 51,8 % de l’encours. En ajoutant les autres établissements de crédit, qui en possèdent 749 milliards, le secteur bancaire concentre 2 325,3 milliards de FCFA, soit 76,5 % de la dette du Congo levée sur ce marché. Les investisseurs institutionnels n’en détiennent que 18,6 % et les particuliers 4,9 %. Autrement dit, plus les banques accumulent de titres congolais, plus elles doivent composer avec leurs limites réglementaires et internes d’exposition à un même emprunteur.

En juillet, les émissions congolaises de BTA n’ont été souscrites qu’à 68,1 %, contre 74,6 % en juin. Sur les OTA, plus longues, le taux de souscription a en revanche atteint 91,3 %. Dans le même temps, le coût moyen des OTA congolaises s’établissait à 11,73 %, l’un des niveaux les plus élevés de la CEMAC. Face à cette contrainte, Brazzaville veut chercher de nouveaux acheteurs. Le Trésor et les SVT ont convenu d’élargir la base des investisseurs, mais aussi d’améliorer la cotation et les échanges de titres sur le marché secondaire. L’objectif est de rendre la dette congolaise plus facile à revendre et donc plus attractive pour les investisseurs institutionnels et autres détenteurs non bancaires.

Lire aussi: Congo : le recours intensif du Trésor public aux ressources des banques locales inquiète le FMI

Le Trésor congolais a également répondu à une autre préoccupation du marché : la visibilité sur ses interventions. Il s’est engagé à améliorer « la prévisibilité des émissions » ainsi que « la qualité de l’information communiquée au marché ». Pour les banques, disposer suffisamment tôt du calendrier, des maturités et des besoins prévisionnels du Trésor facilite la gestion de leurs liquidités et la préparation de leurs souscriptions

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