Au cours du mois de janvier 2026, le Congo a mobilisé 164,6 milliards FCFA sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), selon la note sur la « Situation mensuelle de la dette publique » publiée le 30 mars par la Caisse congolaise d’amortissement (CCA). Ce montant affiche un dépassement de 54,6 milliards FCFA par rapport aux 110 milliards FCFA initialement projetés dans le Programme annuel des émissions de titres publics, rendu public le 7 janvier par le Directeur général du Trésor, Albert Ngongo. Cette performance traduit un dynamisme soutenu avec un taux de réalisation de 149,6%.
Dans le détail, cette surperformance est portée par la prédominance des Bons du Trésor Assimilables (BTA), dont les émissions ont atteint 89,34 milliards de FCFA (soit 54,28 % du total), alors que l'objectif initial du Trésor n'était que de 45 milliards de FCFA. Le segment des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) n'est pas en reste : il a mobilisé 75,26 milliards de FCFA (soit 45,72 % des émissions), dépassant de 10,2 milliards FCFA les 65 milliards de FCFA projetés au départ.
Cette structure démontre que le Congo a privilégié en janvier, les BTA à des maturités de 26 et 52 semaines pour couvrir ses besoins de trésorerie immédiats. Ce choix s'est fait au détriment des emprunts à moyen et long termes (OTA), dont les coupons oscillent entre 5,50 % et 6,50 %, dédiés au financement des projets d’investissement. Si cette forte mobilisation de ressources à court terme peut témoigner d'une vitalité du marché et d'une confiance renouvelée des banques régionales envers la signature du Congo, elle pourrait toutefois présenter un risque.
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En effet, puisque plus de la moitié de l'enveloppe globale doit être remboursée dans moins d'un an, l'État devra impérativement optimiser ses recettes ou planifier de nouveaux refinancements pour éviter toute tension de trésorerie d'ici la fin de l'exercice 2026. L’on se souvient qu’au quatrième trimestre 2025, Brazzaville a opéré un rééchelonnement discret de 304,87 milliards FCFA de dette intérieure, correspondant à deux échéances arrivées à maturité en octobre 2025. Cette opération, confiée aux sociétés financières L'Archer et LCB Capital, a permis de prolonger certaines maturités jusqu'à trois ans supplémentaires, offrant ainsi un bol d'air temporaire à la trésorerie de l'État.
Il convient de souligner que les émissions sur le marché régional des titres publics ont représenté 98,7 % des décaissements totaux du Congo en janvier 2026, soit 164,6 milliards sur un volume global de 166,78 milliards FCFA. Le reste (2,18 milliards FCFA), provient de financements extérieurs mobilisés principalement auprès de la Banque africaine de développement (BAD).
Sur l'ensemble de l'exercice 2026, le pays ambitionne de lever un total de 690 milliards FCFA sur le marché des titres publics : 405 milliards FCFA seront mobilisés via les Obligations du Trésor Assimilables tandis que 285 milliards FCFA seront sollicités sous forme de Bons du Trésor Assimilables.
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