Le financement de l’Etat congolais repose de plus en plus sur les banques. A fin janvier 2026, les établissements bancaires du pays et de la CEMAC détenaient environ 1 614,34 milliards de FCFA de titres publics congolais sur le marché de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Pour le Fonds Monétaire International (FMI), ce niveau élevé confirme leur rôle pivot dans la couverture des besoins de trésorerie de Brazzaville, dans un environnement marqué par un accès restreint aux financements internationaux et des conditions plus contraignantes sur les marchés extérieurs.
Cette montée en puissance de l’endettement domestique intervient cependant dans un contexte de forte dégradation des indicateurs budgétaires. Selon les données de la Caisse Congolaise d’Amortissement, la dette publique du Congo se situe à 8 943,97 milliards FCFA au 31 décembre 2025, soit 92,46 % du PIB, contre 92,31 % un an plus tôt. Surtout, la dette intérieure représente désormais 59,64% de l’encours total, pour un montant de 5 334,07 milliards de FCFA. Cette évolution traduit un basculement progressif vers un financement interne, qui renforce l’interdépendance entre l’État et le système bancaire.
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Dans cette logique, le Congo prévoit de maintenir un rythme soutenu d’émissions sur le marché régional. Selon le calendrier officiel, le pays ambitionne de lever 690 milliards FCFA en 2026 via le marché des titres publics de la BEAC, se positionnant ainsi comme le troisième émetteur de la CEMAC, derrière le Cameroun (1 165 milliards FCFA) et le Gabon (1 046 milliards FCFA). Cette intensification des levées de fonds intervient dans un contexte de tensions de liquidité, accentuant la pression sur les banques appelées à absorber une part croissante de ces émissions.
Pour le FMI, cette configuration accroît les risques pesant sur la stabilité financière. En privilégiant les titres congolais, les banques locales réduisent leur capacité de financement de l’économie réelle, contribuant à un effet d’éviction du secteur privé. L’institution souligne que les établissements sont de plus en plus « contraints de financer le déficit public », au détriment des entreprises. Face à cette exposition croissante au risque souverain, le Fonds alerte sur « l'importance d'une surveillance accrue des banques et de l'application des normes prudentielles compte tenu de l'augmentation des expositions souveraines ».








