Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Cameroun: où est passée la réforme de la Société Nationale d’Investissement ?

Mise en place partielle des organes sociaux, batailles régionales pour le contrôle de la direction générale, absence d’un plan social pour les ex-personnels des entités absorbées…l’entité désormais dotée d’un capital social de plus de 226 milliards Fcfa pour porter la stratégie industrielle et financière du Cameroun peine à opérer sa transformation un après la réforme présidentielle.  

Publiée lundi 8 septembre 2025 à 13:07:06Modifiée lundi 8 septembre 2025 à 13:18:18Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

La présidence de la République du Cameroun
La présidence de la République du Cameroun (image AFP)

Le 10 juillet 2024, le président de la République, Paul Biya, signait un décret transformant la Société nationale d’investissement (SNI) en société à capital public, dotée de l’autonomie financière, avec l’État comme actionnaire unique. Mais plus d’un an après, la réforme reste bloquée. Certes, un conseil d’administration a été installé le 8 avril 2025, et Johnny Razack, 52 ans, en a pris la présidence le 25 avril suivant. Mais l’essentiel manque encore : la nomination d’une direction générale, organe opérationnel indispensable. « La lenteur dans la mise en place de la nouvelle SNI pose d’abord un problème social. Ensuite, elle compromet la logique même de la réforme, qui vise à renforcer l’impact de l’État dans l’économie », explique un expert proche du dossier.

Lire aussi : Réforme de la SNI : Yaou Aïssatou sera-t-elle à la hauteur ?

La réforme a entraîné la dissolution de trois organismes publics : la Commission technique de réhabilitation (CTR), la Commission technique de privatisation et de liquidation, et le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN). Leur patrimoine a été transféré à la SNI, sous la supervision du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), mais leurs personnels ont été laissés pour compte. L’article 27 (2) du décret prévoit seulement qu’ils soient prioritaires pour d’éventuels recrutements, sous réserve de leurs « aptitudes techniques et morales ». Résultat : ces agents sont au chômage depuis un an, sans plan social ni indemnités. « On a payé les prestataires avant de régler les droits des personnels, alors que ces derniers devraient être prioritaires », dénonce un ancien collaborateur de la CTR. Une situation d’autant plus critique qu’elle coïncide avec les rentrées scolaires.

Pourtant, la réforme avait des ambitions claires : faire de la SNI un outil central de la stratégie industrielle et financière du Cameroun. Dans son discours du 31 décembre 2024, Paul Biya promettait d’accélérer la dynamique industrielle en 2025 grâce à cette réforme, qualifiant la SNI de « véritable levier stratégique de promotion des investissements productifs ». Le Minepat, qui pilote cette réforme, a d’ailleurs prévu 50 milliards Fcfa dans son budget d’investissement 2025 arrêté à 107 milliards Fcfa pour recapitaliser la SNI, première tranche d’un programme en quatre étapes destiné à porter son capital de 26,134 milliards à 226,134 milliards Fcfa à l’horizon 2027. La nouvelle SNI a désormais le droit de créer des filiales, de mobiliser des financements, d’investir dans l’industrie, l’agriculture, les mines, la finance, le commerce et les services. Elle peut financer des projets par le capital-risque, exercer des activités boursières, gérer des actifs, ou encore accompagner les entreprises publiques.

Lire aussi : Cameroun : ce qui change avec la réforme de la Société Nationale des Investissements (SNI)

Sur le plan comptable, elle est soumise aux règles de l’Ohada, avec obligation d’audits externes. « La SNI repose sur deux organes sociaux : le conseil d’administration et la direction générale. Tant que cette dernière n’est pas nommée, rien ne peut fonctionner », rappelle une source proche du dossier. La situation est d’autant plus délicate que l’actuelle directrice générale, Yao Aissatou, en poste depuis 2003, est en dépassement légal. La loi de 2017 limite à 9 ans le mandat des DG des entreprises publiques. En continuant d’exercer, elle engage sa responsabilité personnelle au regard de l’Acte uniforme Ohada. Mais, selon des indiscrétions, elle ne prendrait pas trop de risques et se limiterait depuis un an à expédier les affaires courantes.

Derrière ce blocage se joue une bataille d’influence. Des luttes internes, notamment à la présidence de la République, opposeraient plusieurs lobbys pour le contrôle de ce mastodonte financier. Le lobby du « grand Nord » serait réticent à la nomination d’un dirigeant non originaire du septentrion. La désignation de Johnny Razack, natif de la Bénoué, à la présidence du conseil d’administration, en remplacement de Geoffroy Désiré Mbock, originaire du Centre, laisse planer l’hypothèse que la direction générale pourrait, cette fois, échoir à une autre région du pays.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Cameroun: où est passée la réforme de la Société Nationale d’Investissement ?
Paul BiyaSNIJohnny RazackArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CONGO-POLITICS-ELECTIONPolitiques PubliquesCongo : pétrole et gaz pourraient propulser la croissance à 6,9 % en 2027Le Congo table sur un bond de la croissance économique à 6,9 % en 2027 mais redoute quatre chocs qui pourraient priver l'État de recettes considérables à partir de fin 2026.​il y a 2 heuresPêche industriellePolitiques PubliquesPêche : Malabo veut imposer aux industriels de vendre 25 % de leurs prises localementMalabo veut mieux capter les retombées de la pêche industrielle et réduire sa dépendance aux importations de produits de la mer.il y a 5 heuresCapture d’écran 2026-09-14 à 12.59.38Politiques PubliquesDette : le Cameroun explore les Panda Bonds, Samurai Bonds et Sukuk pour élargir ses financementsLe Cameroun étudie l'émission d'instruments de dette libellés en devises asiatiques, voire un Sukuk islamique, pour élargir sa base d'investisseurs au-delà des eurobonds traditionnels.​il y a 7 heuresWhatsApp Image 2026-09-14 at 09.42.37Politiques PubliquesCameroun : Louis-Paul Motazé en opération séduction à Londres pour reconquérir les investisseursRéuni à Marlborough House avec les partenaires financiers du Commonwealth, le ministre camerounais des Finances a présenté un pays « diversifié » et « moins dépendant du pétrole », dans l'espoir de mobiliser une part des 57 milliards d'euros de projets prioritaires de sa Stratégie nationale de développement (SND30).il y a 7 heuresLe président tchadien Mahamat Idriss DébyPolitiques PubliquesS&P maintient la note « B-/B » du Tchad, salue des perspectives économiques « solides »L'agence de notation américaine salue la vigueur retrouvée de la production pétrolière, minière et agricole, ainsi que les premiers effets des réformes fiscales.​il y a 11 heuresCoton et graine de coton après cadrageAgro-industrieLe Tchad interdit l’exportation de graines de coton et de céréalesLe gouvernement veut sécuriser l’approvisionnement intérieur, alors que sa production d’huile de coton reste très inférieure aux besoins du pays.il y a 3 jours

Articles similaires

WhatsApp Image 2026-09-14 at 09.42.37Politiques PubliquesCameroun : Louis-Paul Motazé en opération séduction à Londres pour reconquérir les investisseursRéuni à Marlborough House avec les partenaires financiers du Commonwealth, le ministre camerounais des Finances a présenté un pays « diversifié » et « moins dépendant du pétrole », dans l'espoir de mobiliser une part des 57 milliards d'euros de projets prioritaires de sa Stratégie nationale de développement (SND30).il y a 7 heuresEpremiumRailway_construction_machinery_a141079e-DkiwtjKFMines et énergiesMinerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et KribiLa Centrafrique pourrait disposer d’un nouvel accès à l’Atlantique à travers le Cameroun via un projet financé par Eximbank Inde.il y a 4 joursEpremiumEmmanuel-Patrick-MvondoMines et énergiesRD Congo : les débuts de Tradex contrariés par la démolition d’une station à KinshasaAttendue pour le second semestre 2026, l'inauguration des premières stations-service de Tradex en RDC se heurte à une résistance inattendue, qui pourrait bien compromettre les plans d'expansion du distributeur camerounais.il y a 5 joursimagesBanques et FinanceCameroun : en 4 ans, les assureurs-vie ont doublé leur exposition aux titres publicsLa dette publique est devenue le premier placement des assureurs-vie camerounais. Une concentration qui augmente aussi leur sensibilité au risque souverain.​il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 1 semaine2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 5 jours3Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 1 semaine4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 4 jours5Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 1 semaine6Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 3 jours7Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 1 semaine8Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 6 jours9La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 6 jours10Cameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusil y a 1 semaine
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.