Au Cameroun, le préfet du département du Mayo-Louti, Tam Likeng Richard Marcel, a ordonné le 18 février 2026 la suspension immédiate des activités d’extraction artisanale d’or dans le canton de Biou, arrondissement de Figuil, région du Nord. La décision fait suite à des tensions entre les communautés de Yigo et Ouro-Kessoum autour de l’exploitation du site. « Face à la montée des tensions liées à l’exploitation artisanale de l’or, le Préfet a pris ses responsabilités après une descente de terrain le 18 février 2026 », indique un communiqué de la mairie de Figuil.
Selon la même source, aucun des exploitants impliqués ne disposait d’un permis d’exploitation artisanale valide. Interpellés sur la régularité de leurs activités, les responsables présents n’ont pu présenter de documents administratifs conformes. Le préfet a instruit le délégué départemental des Mines de procéder à une séance d’imprégnation juridique sur la Loi n°2023/025 du 19 décembre 2023 portant Code minier et son décret d’application, afin de rappeler les obligations encadrant l’exploitation artisanale du métal jaune.
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Cette fermeture intervient dans un contexte de renforcement du contrôle du secteur aurifère au Cameroun, marqué par les révélations du rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui fait état de plus de 15 tonnes d’or issues de circuits non déclarés et exportées de manière illicite vers les Émirats arabes unis. Pour l’État, l’enjeu est double : sécuriser les recettes fiscales et parafiscales, notamment la redevance minière et la contribution au développement local (CAC), et prévenir les conflits communautaires liés à l’accès aux sites.
Figuil, davantage connue pour l’exploitation de calcaire par Cimencam, filiale du cimentier Lafarge, ne figure pas parmi les principaux bassins aurifères artisanaux du pays. Toutefois, le rapport ITIE 2023 pointe du doigt l'obsolescence du cadastre minier et le non-respect des dispositions du nouveau Code Minier, qui peine à distinguer les limites entre les concessions industrielles de calcaire et les activités artisanales d'or dans cette localité. La décision préfectorale pourrait préfigurer une vague de contrôles administratifs plus large dans le Nord, alors que le gouvernement affiche sa volonté de formaliser l’artisanat minier et d’assainir la chaîne de valeur de l’or au Cameroun.
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